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	<title>Nouveaux Livres &#8211; Café Litté | Ta dose quotidienne de littérature !</title>
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	<title>Nouveaux Livres &#8211; Café Litté | Ta dose quotidienne de littérature !</title>
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		<title>La promesse : échapper aux vaines paroles</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anna]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 10:52:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités Littéraires]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 27 janvier, la librairie Écume des pages a accueilli Philippe Vilain à l’occasion de la parution de son nouvel ouvrage, La promesse : échapper aux vaines paroles, publié aux éditions Autrement ( collection Les grands mots ). Dans cet essai dense et personnel, l’écrivain interroge la portée morale, intime et politique de la promesse [...]]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le 27 janvier, la <a href="https://www.ecumedespages.com/" data-type="link" data-id="https://www.ecumedespages.com/" target="_blank" rel="noopener">librairie Écume des pages</a> a accueilli Philippe Vilain à l’occasion de la parution de son nouvel ouvrage, <em><a href="https://www.autrement.com/Auteurs/vilain-philippe" data-type="link" data-id="https://www.autrement.com/Auteurs/vilain-philippe" target="_blank" rel="noopener">La promesse : échapper aux vaines paroles</a></em>, publié aux éditions <a href="https://www.autrement.com/" data-type="link" data-id="https://www.autrement.com/" target="_blank" rel="noopener">Autrement</a> ( collection <em>Les grands mots</em> ). Dans cet essai dense et personnel, l’écrivain interroge la portée morale, intime et politique de la promesse à une époque où la parole semble souvent galvaudée. Une rencontre placée sous le signe de la responsabilité du langage et de l’engagement envers l’autre.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« La promesse est une passion altruiste, il s&rsquo;agit de partager comme de vivre une émotion commune. » Pourquoi promettons-nous ? Que mettons-nous en jeu lorsque nous nous engageons à tenir parole ? La promesse revêt une vertu sacrificielle, absolue, mais se vide de sens lorsqu&rsquo;elle est énoncée sans sincérité. Mêlant réflexions philosophiques, littéraires et expériences personnelles, Philippe Vilain ausculte ce que la promesse d&rsquo;amour, la parole politique, le serment à soi-même révèlent de notre humanité : notre rapport à l&rsquo;autre, à nous-même, à la morale, au temps. Il interroge le geste simple de dire Je promets dans le vacarme assourdissant de notre époque et s&rsquo;attache à la promesse pour redonner de la valeur au langage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Je ne me sens pas romancier. Je ne crois pas raconter des histoires, en réalité. C’est quelque chose d’impossible pour moi. Il y aurait une forme de vanité de l’écriture si j’avais à le faire. » Dès les premières minutes de la rencontre, Philippe Vilain précise son rapport à l’écriture. Loin de la fiction romanesque, son geste d’auteur passe par la réflexion, qu’il décrit comme une respiration nécessaire. « Je suis obligé d’avoir cette respiration-là, qui passe par la pensée », explique-t-il, comparant ses essais à des études préalables, à l’image de celles que réalisent les peintres avant un tableau. « Mes essais sont aussi ces études-là. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette démarche s’accorde pleinement avec l’esprit de la collection <em>Les grands mots</em>, dirigée par Alexandre Lacroix : partir d’un mot— ici, la promesse — sans tomber dans l’abstraction générale ni dans l’illusion de l’exhaustivité. « J’étais assez embarrassé au départ », reconnaît Philippe Vilain. « Ce n’est pas évident de travailler sur un grand mot sans devenir trop général. Il ne s’agit pas de faire un travail doctoral en épuisant un sujet, ce qui n’aurait évidemment aucun sens. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">La contrainte devient alors une méthode : partir de l’expérience personnelle, puis convoquer la littérature et la philosophie pour l’éclairer. « Il faut une dimension empirique. Partir de sa propre expérience de la promesse, et voir ensuite ce que la pensée peut en dire. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les philosophes qui nourrissent cette réflexion, Friedrich Nietzsche occupe une place décisive. Philippe Vilain ouvre son livre sur un fragment d’<em>Aurore</em> (fragment 350), qu’il lit à voix haute lors de la rencontre :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Lorsque l’on fait une promesse, ce n’est pas la parole qui promet, mais ce qu’il y a d’inexprimé derrière la parole. Les mots affaiblissent même une promesse en déchargeant et en usant une force qui est une partie de cette force qui promet. Faites-vous donc donner la main en mettant un doigt sur la bouche, — c’est ainsi que vous faites les vœux les plus sûrs. »<br><strong>Friedrich Nietzsche, <em>Aurore</em>, fragment 350.</strong></p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ce passage agit comme un révélateur. Les plus belles promesses, selon Nietzsche, ne seraient pas celles que l’on énonce, mais celles que l’on porte en soi — souvent par crainte de décevoir, car le risque de toute promesse demeure celui de ne pas la tenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est précisément à partir de cette pensée que s’est imposée l’expérience fondatrice du livre. « La promesse à partir de laquelle j’ai écrit ce texte est en réalité une promesse que je n’ai jamais énoncée », confie Philippe Vilain. Après la mort de son père, il se fait intérieurement ce serment : « veiller sur sa mère, être toujours à ses côtés, l’accompagner le plus longtemps possible et améliorer, autant qu&rsquo;il le pouvais, sa vie ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">En fin de rencontre, Philippe Vilain revient sur une autre forme de promesse, plus discrète encore : celle qu’il s’est faite en devenant écrivain. « Devenir écrivain, j’y suis parvenu. Mais en même temps, c’était une promesse que j’ai tenue, et que je me suis faite. » Une promesse qui ne se confond pas avec le simple fait de publier. « Publier pour publier ne m’aurait jamais intéressé. » Ce qui était en jeu, explique-t-il, relevait d’une exigence intérieure : « Je voulais être fidèle à une certaine manière d’écrire, à une certaine littérature. Je ne voulais pas ajouter mon assiette sur la pile. » Une exigence parfois excessive, « presque trop grande par rapport à mes capacités de l’époque ». Être écrivain, pour Philippe Vilain, ne signifie donc pas seulement écrire ou publier, mais continuer sans se trahir. « Je saurais faire une littérature commerciale », reconnaît-il. « J’en connais les recettes. Mais alors, je ne serais pas l’écrivain que je voulais être. Et ça serait terrible&#8230; »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://www.fnac.com/SearchResult/ResultList.aspx?SCat=0&amp;Search=9782080438980&amp;sft=1&amp;sa=0&amp;eaf-publisher=AWIN&amp;eaf-name=generiqueaff&amp;eaf-creative=generiqueaff&amp;eaf-creativetype=1x1&amp;eseg-name=AWINID&amp;eseg-item=491029&amp;Origin=Awin491029&amp;sv1=affiliate&amp;sv_campaign_id=491029&amp;awc=12665_1769596105_93bc81e436562a1a0be601b3e6b41988" data-type="link" data-id="https://www.fnac.com/SearchResult/ResultList.aspx?SCat=0&amp;Search=9782080438980&amp;sft=1&amp;sa=0&amp;eaf-publisher=AWIN&amp;eaf-name=generiqueaff&amp;eaf-creative=generiqueaff&amp;eaf-creativetype=1x1&amp;eseg-name=AWINID&amp;eseg-item=491029&amp;Origin=Awin491029&amp;sv1=affiliate&amp;sv_campaign_id=491029&amp;awc=12665_1769596105_93bc81e436562a1a0be601b3e6b41988" target="_blank" rel="noopener">Pour se procurer <em>La promesse : échapper aux vaines paroles</em>, cliquez ici.</a></strong></p>



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<p class="wp-block-paragraph"><em>© Photos : Arelstudio</em></p>
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		<title>« La Rosa Perdida » : une fiction où tout est vrai</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anna]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Dec 2025 20:48:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Interviews]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 14 janvier paraît La Rosa Perdida, premier roman de Christopher Laquieze, aux éditions JC Lattès. Figure influente de la littérature et de la philosophie sur les réseaux sociaux, l’auteur signe une fiction ancrée dans la mémoire latino-américaine, traversée par les récits transmis, les disparus et les silences de l’Histoire. Par le détour romanesque, il [...]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le 14 janvier paraît <em>La Rosa Perdida</em>, premier roman de Christopher Laquieze, aux éditions <a href="https://www.editions-jclattes.fr/livre/la-rosa-perdida-9782709675222/" data-type="link" data-id="https://www.editions-jclattes.fr/livre/la-rosa-perdida-9782709675222/" target="_blank" rel="noopener">JC Lattès.</a> Figure influente de la littérature et de la philosophie sur les réseaux sociaux, l’auteur signe une fiction ancrée dans la mémoire latino-américaine, traversée par les récits transmis, les disparus et les silences de l’Histoire. Par le détour romanesque, il ne cherche pas tant à raconter qu’à faire éprouver &#8211; à approcher une vérité que seule la fiction peut parfois saisir. CaféLitté a choisi de rencontrer <strong>Christopher Laquieze</strong></strong> <strong>quelques semaines avant la parution, dans cet entre-deux singulier où le livre quitte son auteur sans encore appartenir tout à fait à ses lecteurs. Dans cette interview, <strong>il</strong> revient sur la genèse du roman, son rapport à l’écriture et son attachement profond à la littérature latino-américaine.</strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous êtes très suivi sur les réseaux sociaux pour votre travail d’influenceur littéraire. Qu’est-ce que cela change, intérieurement, de passer de celui qui parle des textes des autres à celui qui s’expose à travers le sien ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Christopher Laquieze</strong> : En réalité, ça change sans vraiment changer. D’abord parce que tout écrivain est un lecteur. Je connais très peu d’auteurs qui ont écrit sans avoir énormément lu auparavant. L’écriture et la lecture ont toujours été entremêlées pour moi, et je pense même qu’il est parfois plus difficile d’être un bon lecteur que d’être un bon auteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’écris depuis toujours. L’écriture faisait déjà partie de ma vie bien avant que je parle de littérature sur les réseaux, même si je ne la rendais pas publique. Ce passage ne bouleverse donc pas profondément mon rapport intérieur à l’écriture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui change vraiment, en revanche, c’est le stress et l’angoisse liés à la sortie d’un premier roman. À partir du moment où le livre paraît, l’histoire ne nous appartient plus. Les personnages nous quittent, l’univers que l’on a créé va être habité par d’autres, et des lecteurs vont entrer dans ce monde sans que l’on sache comment ils vont appréhender l’écriture ou ce qui leur sera transmis. Et ça, forcément, c’est très angoissant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Votre visibilité implique déjà un regard posé sur vous. Ce regard a-t-il accompagné l’écriture, ou avez-vous dû l’oublier complètement pour écrire librement ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Christopher Laquieze</strong> : Je n’écris pas pour être publié, ni pour les autres. J’écris uniquement pour moi, parce que c’est une nécessité. En réalité, je n’ai pas le choix : écrire est quelque chose de plus fort que moi. Spinoza appellerait cela le <em>conatus</em>. Pour moi, mon conatus, c’est précisément celui d’écrire. Pendant l’écriture, je n’ai donc pas pensé au regard extérieur, ni à ma visibilité, ni à mon entourage. Je ne me suis pas demandé s’il fallait m’en détacher ou m’y raccrocher. J’ai écrit uniquement dans cette optique-là : écrire pour écrire, avec pour seul but sa propre cause.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="731" height="1024" src="https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_8652-731x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-1399" srcset="https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_8652-731x1024.jpeg 731w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_8652-429x600.jpeg 429w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_8652-768x1075.jpeg 768w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_8652-1097x1536.jpeg 1097w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_8652-1463x2048.jpeg 1463w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_8652-scaled.jpeg 1828w" sizes="auto, (max-width: 731px) 100vw, 731px" /></figure>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">© Christopher Laquieze</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La Rosa Perdida</em> vous a demandé un an et demi de travail, de doutes et de ratures. À quel moment avez-vous compris que ce texte allait devenir un livre ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Christopher Laquieze</strong> : Ce livre est né d’un rêve. L’année précédente, j’ai perdu beaucoup de personnes : mon père, mon meilleur ami, puis un ami d’enfance. Ces pertes ont été un déclencheur. Elles m’ont donné l’envie — presque la nécessité — d’écrire, non plus seulement pour écrire, mais pour aller au bout de quelque chose. Produire un texte, un écrit, peut-être un livre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai commencé à écrire, et ce qui sortait était très sombre, très noir. J’avais du mal avec ce que je produisais. J’ai voulu en parler autour de moi, à des amis, à des éditeurs, pour avoir des retours. Un jour, j’ai croisé une amie écrivaine, Audrée Wilhelmy, et je lui ai envoyé le manuscrit sur lequel je travaillais. Elle m’a dit quelque chose de très juste, mais de très difficile à entendre : que parfois, on écrit des livres qui ne sont pas faits pour être publiés, mais pour comprendre quelque chose en soi, pour permettre ensuite d’écrire le bon livre. Sur le moment, j’ai eu beaucoup de mal à l’accepter ( cela faisait des mois que je travaillais sur ce texte, et on me disait qu’il n’était peut-être pas destiné à être publié ).&nbsp; Alors j’ai arrêté d’écrire. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis parti quinze jours à Amsterdam. J’y ai visité le musée de Van Gogh, avec un audioguide, car je connais très mal l’art. À un moment, devant une œuvre dont je ne me souviens plus, Van Gogh <em>expliquait </em>qu’il cherchait à produire son art avec <em>la simplicité d’un souffle.</em> Cette phrase m’a profondément marqué. Elle me paraissait presque intangible, tant l’écriture, pour moi, était associée à la souffrance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De retour en France, à Bordeaux, je suis allé dans une librairie. J’ai expliqué à un ami libraire que j’avais besoin de lire quelque chose qui me fasse du bien, que j’étais assez déprimé par ce que je traversais. Il m’a alors conseillé <em>Chronique d’une mort annoncée</em> de Gabriel García Márquez. Je connaissais l&rsquo;auteur, mais je n’avais jamais lu ce livre.&nbsp; Donc je l’ai pris, je suis rentré chez moi et je l’ai lu. Cette nuit-là, j’ai fait une insomnie. J’ai été frappé par la construction narrative, par la force du livre. Il n’y a pas toujours de raison précise pour expliquer pourquoi certains livres nous parlent plus que d’autres, mais celui-ci a déplacé quelque chose en moi, a ouvert quelque chose — sans que je sois capable de dire exactement quoi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai très mal dormi. La nuit suivante, en revanche, j’ai dormi profondément et j’ai fait énormément de rêves. Au réveil, immédiatement, une idée s’est imposée à moi. J’ai pris quatre ou cinq feuilles A4 que j’ai scotchées entre elles pour en faire une sorte de grand tableau. J’y ai collé des post-it, avec les noms des personnages, des toponymes, des éléments de l’histoire. En une heure, j’avais une vision d’ensemble, les prémices de quelque chose de très clair.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">C’est de là qu’est né « <em>La Rosa Perdida</em> ». Dès le lendemain, l’écriture s’est imposée comme une nécessité absolue. J’avais l’histoire, il fallait que je l’écrive. Et cette fois, pour la première fois, il y avait <em>cette simplicité d&rsquo;un souffle</em> dont parlait Van Gogh. Je l’ai réellement ressentie. </p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai écrit le manuscrit en un mois environ. Un mois d’écriture continue ( je parle ici uniquement du processus d’écriture ). Quand j’ai ensuite envoyé le manuscrit à des amis éditeurs, les retours ont été immédiats. Plusieurs maisons d’édition se sont manifestées. J’ai finalement choisi de travailler avec JC Lattès, parce que je m’entendais très bien avec mon éditrice et que j’estimais profondément son travail. Il y avait de vraies affinités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est alors qu’a commencé le véritable travail : celui de la reprise. Pendant huit à neuf mois, nous avons retravaillé le texte, l’écriture, la structure. C’était intense. À la fois très plaisant et très difficile. Difficile parce qu’on relit son livre une vingtaine de fois. À force, on a l’impression qu’il est mauvais. On le connaît presque par cœur, on décèle sans cesse de nouveaux défauts, on a envie de modifier encore et encore. La relecture devient interminable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je repensais alors à Borges, qui disait que<em> si l’on publie des livres, ce n’est pas pour passer toute sa vie à faire des brouillons.</em> À un moment donné, j’ai compris que si je continuais ainsi, je serais encore en train de retravailler ce texte dans cinquante ans. Il fallait donc accepter de mettre un point final.</p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" data-id="1398" src="https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_8346-768x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-1398" srcset="https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_8346-768x1024.jpeg 768w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_8346-450x600.jpeg 450w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_8346-1152x1536.jpeg 1152w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_8346-1536x2048.jpeg 1536w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_8346-scaled.jpeg 1920w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>
</figure>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">© Christopher Laquieze – archives personnelles</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous évoquez, à travers ce roman, une mémoire et une culture latino-américaines que l’on connaît finalement assez mal en France. <em>La Rosa Perdida</em> est-elle aussi, pour vous, un geste de transmission ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Christopher Laquieze</strong> : En réalité, ce lien avec la littérature latino-américaine est profondément intime. Du côté de mon père, je viens d’une famille d’immigrés italiens ; du côté de ma mère, d’une famille créole malgache. Toute mon enfance a été bercée par des légendes, des mythes, des histoires transmises oralement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai grandi avec ma grand-mère, qui me racontait chaque soir des récits fantastiques, des histoires étranges, parfois effrayantes, qu’elle tenait elle-même de son père, et lui du sien. Il y avait, d’un côté, des légendes italiennes, et de l’autre, du côté créole de mon grand-père, un univers encore plus marqué par la superstition. Ce dernier est né à Madagascar. Il a connu sa mère, mais jamais son père. Très jeune, il est tombé gravement malade. Il est alors parti à Majunga, dans un petit village malgache que l’on disait être une sorte de forêt de sorciers. Il y est resté plus d’un an, et il en est revenu guéri. Un jour, un sorcier serait venu le voir en lui disant : « Demain, tu vas mourir. » Mon grand-père lui aurait répondu : « Non, c’est toi qui mourras demain. » Et, selon le récit familial, le sorcier est effectivement mort le lendemain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce type d’histoires a profondément marqué mon enfance. Mon grand-père avait même inventé un personnage, Jakubeb, qu’il présentait comme un ami d’enfance. À travers lui, il racontait des histoires, se racontait lui-même. J’ai découvert bien plus tard, des années après sa mort, que Jakubeb n’avait jamais existé. C’était une sorte de double, un masque narratif qui lui permettait de transmettre son vécu autrement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La superstition faisait tellement partie de notre quotidien que je me souviens d’un épisode très précis : ma mère adorait les masques africains et en avait accroché partout dans la maison. À cette période, toute la famille tombait malade, les problèmes de santé se multipliaient. Mon grand-père en a conclu que ces masques portaient de mauvais esprits. Il les a tous sortis dans le jardin et les a brûlés, en récitant des incantations, pour chasser ce qu’il pensait être une malédiction. J’ai donc grandi dans un univers où le fantastique, le lyrique, la légende faisaient partie du réel. Où l’on ne séparait pas strictement le rationnel de l’imaginaire. Et lorsque j’ai commencé à lire la littérature latino-américaine, j’ai eu une impression très forte : celle qu’on parlait de moi, de ma famille. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand je lis García Márquez, Juan Rulfo ou d’autres auteurs latino-américains, j’ai l’impression d’entendre mon grand-père me raconter des histoires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce mélange du réel et de l’onirique, du fantastique et du magique m’a immédiatement semblé familier. C’est là qu’est né mon amour pour la littérature latino-américaine. D’autant plus que j’ai ensuite vécu plusieurs années en Amérique latine, au Costa Rica, au Mexique, au Nicaragua.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Finalement, écrire dans cet imaginaire-là, c’est pour moi une manière de reconnaissance. La seule manière que j’ai trouvée pour parler de ma famille, de mon enfance, de ce qui m’est le plus intime, a été de passer par l’Amérique latine. De m’en extraire pour pouvoir dire quelque chose de profondément intime.</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous dites vouloir écrire une fiction pour parler du réel…&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Christopher Laquieze</strong> : Exactement. C’est une fiction où tout était vrai. Rien n’est réel au sens strict : les personnages n’existent pas, le village n’existe pas. Et pourtant, chaque personnage est une ombre, un reflet d’un versant de l’Histoire qui s’est réellement produit en Amérique latine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense aux dictatures de Pinochet, de Videla. Je pense à tout ce qui s’est joué en Amérique latine et qui touche à une certaine sensibilité du monde : notre rapport à l’autre, notre rapport à la nature, parfois plus animiste, encore une fois ce rapport superstitieux aux religions. Dans mon roman, Dieu a disparu. Dieu n’est pas là. Il a déserté les rues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la fin du livre, il y a d’ailleurs un discours — qui a été pour moi une forme de genèse du roman. Il est attribué à Ibérico Saint-Jean, gouverneur de la province de Buenos Aires dans les années 1970, sous la dictature de Videla, qui avait déclaré : « D’abord, nous tuerons les subversifs. Ensuite leurs collaborateurs. Puis leurs sympathisants. Puis ceux qui demeurent indifférents. Et enfin, nous tuerons les indécis. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce discours a été prononcé dans un contexte bien réel. Il y a eu des camps de tortures, des milliers de disparus. Et ces disparus, pour moi, reviennent sous forme de fantômes dans le roman &#8211; pour parler, pour témoigner. Je pense aussi aux Montoneros, ce mouvement péroniste actif pendant la dictature de Videla en Argentine. Chaque personnage du livre est ainsi l’écho d’un versant de l’Histoire, de ce que différents pays d’Amérique latine ont traversé. La fiction me permet de faire résonner ces réalités autrement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous n’écrivez pas pour les autres, mais d’abord par nécessité. Pourtant, une fois le livre publié, il rencontre des lecteurs. Sans chercher à transmettre un message, est-ce que vous espérez malgré tout provoquer quelque chose chez eux ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Christopher Laquieze</strong> : La raison pour laquelle j’écris est double. D’abord, il y a une nécessité. Et puis, il y a aussi un retour à l’enfance. En écrivant, je reviens à ces moments où mes grands-parents me racontaient des histoires.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">J’aimerais que les lecteurs entrent dans ce monde comme on entre dans un rêve : sans vraiment savoir comment, sans vraiment savoir pourquoi, et qu’ils restent intrigués par une histoire qui est une pure fiction, mais qui parle évidemment du réel.</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ce que Vargas Llosa appelait <em>le mentir-vrai</em> : inventer pour atteindre une forme de vérité plus profonde. Faire entrer le lecteur dans un monde qu’il ne connaît pas forcément, dans une culture qu’il ne maîtrise peut-être pas — d’autant plus qu’en France, on est assez éloigné de cette culture-là.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’aimerais que le récit soit reçu comme une histoire racontée par une grand-mère ou un grand-père, autour d’un feu de cheminée, ou dans le lit, juste avant de s’endormir. Une histoire tragique, celle qui pose cette question : pourquoi un fils fait-il pendre sa mère au milieu du village ? Est-ce par amour ou par vengeance ? C’est toute l’idée du livre. Une forme d’Œdipe en Amérique latine.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/12/3D965A87-31AB-42AA-ABC1-D0D253FD3C5A-768x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-1397" srcset="https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/12/3D965A87-31AB-42AA-ABC1-D0D253FD3C5A-768x1024.jpeg 768w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/12/3D965A87-31AB-42AA-ABC1-D0D253FD3C5A-450x600.jpeg 450w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/12/3D965A87-31AB-42AA-ABC1-D0D253FD3C5A-1152x1536.jpeg 1152w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/12/3D965A87-31AB-42AA-ABC1-D0D253FD3C5A.jpeg 1200w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>



<div style="height:21px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sur le bandeau du livre figure une phrase de <a href="https://www.radiofrance.fr/personnes/miguel-bonnefoy" data-type="link" data-id="https://www.radiofrance.fr/personnes/miguel-bonnefoy" target="_blank" rel="noopener">Miguel Bonnefoy</a> à propos de <em>La Rosa Perdida</em>. Qu’est-ce que cette reconnaissance représente pour vous, surtout pour un premier roman ? Et avez-vous déjà reçu d’autres retours marquants, de votre entourage ou du milieu littéraire, alors même que le livre n’est encore qu’en précommande ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Christopher Laquieze</strong> : Avec Miguel, c’est avant tout une histoire d’amitié. J’ai une immense estime pour lui, autant sur le plan humain que littéraire. Je me souviens qu’un jour, en citant un ami commun, le journaliste Nicolas Carreau, il évoquait ce qu’il appelait des « livres diapasons » : des livres qui donnent la première note à une écriture, qui permettent ensuite d’accorder le reste. Des livres fondateurs, profondément influents. Les livres de Miguel ont été, pour moi, des livres diapasons.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-tiktok wp-block-embed-tiktok"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="tiktok-embed" cite="https://www.tiktok.com/@chrislaquieze/video/7495781068642061590" data-video-id="7495781068642061590" data-embed-from="oembed" style="max-width:605px; min-width:325px;"> <section> <a target="_blank" title="@chrislaquieze" href="https://www.tiktok.com/@chrislaquieze?refer=embed" rel="noopener">@chrislaquieze</a> <p>Connais tu les « livres diapasons » ? Interview avec Miguel Bonnefoy (Retrouvez la vidéo entière sur ma chaîne YT)  @editionsrivages <a title="litterature" target="_blank" href="https://www.tiktok.com/tag/litterature?refer=embed" rel="noopener">#litterature</a> <a title="lecture" target="_blank" href="https://www.tiktok.com/tag/lecture?refer=embed" rel="noopener">#lecture</a> <a title="citation" target="_blank" href="https://www.tiktok.com/tag/citation?refer=embed" rel="noopener">#citation</a> <a title="miguelbonnefoy" target="_blank" href="https://www.tiktok.com/tag/miguelbonnefoy?refer=embed" rel="noopener">#miguelbonnefoy</a> <a title="lire" target="_blank" href="https://www.tiktok.com/tag/lire?refer=embed" rel="noopener">#lire</a> <a title="booktok" target="_blank" href="https://www.tiktok.com/tag/booktok?refer=embed" rel="noopener">#booktok</a> <a title="booktokfr" target="_blank" href="https://www.tiktok.com/tag/booktokfr?refer=embed" rel="noopener">#booktokfr</a></p> <a target="_blank" title="♬ son original - Chris Laquieze" href="https://www.tiktok.com/music/son-original-7495781064162560790?refer=embed" rel="noopener">♬ son original &#8211; Chris Laquieze</a> </section> </blockquote> <script async src="https://www.tiktok.com/embed.js"></script>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Avoir aujourd’hui son retour, son soutien pendant l’écriture, son accompagnement moral, c’est quelque chose de très fort. C’est un homme exceptionnel, et j’ai eu énormément de chance d’être entouré par quelqu’un comme lui à ce moment-là.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l’instant, j’ai surtout reçu beaucoup de retours de la part des libraires, et c’est très précieux. Je sais aussi qu’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ad%C3%A9la%C3%AFde_de_Clermont-Tonnerre" data-type="link" data-id="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ad%C3%A9la%C3%AFde_de_Clermont-Tonnerre" target="_blank" rel="noopener">Adélaïde de Clermont-Tonnerre,</a> qui a reçu le prix Renaudot cette année, a parlé du livre et en a fait des éloges lors de ses Rendez-vous. Évidemment, cela me touche énormément. D’ailleurs, je vais prochainement faire une conférence avec elle dans le cadre d’un salon.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le livre va maintenant à la rencontre de ses lecteurs. Quelles sont les premières dates à retenir pour celles et ceux qui souhaitent vous rencontrer lors de signatures ou d’événements autour de </strong><strong><em>La Rosa Perdida</em></strong><strong> ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Christopher Laquieze</strong> : Il y a plusieurs rendez-vous, mais deux dates principales à retenir. <a href="https://www.icigrandsboulevards.fr/post/3781/rencontre-et-dedicace-avec-christopher-laquieze" data-type="link" data-id="https://www.icigrandsboulevards.fr/post/3781/rencontre-et-dedicace-avec-christopher-laquieze" target="_blank" rel="noopener">La première est celle de la soirée de lancement, qui aura lieu le mercredi 14 janvier 2026, jour de la sortie du roman. Une rencontre suivie d’une dédicace est organisée de 19 h à 21 h à la librairie Ici, à Paris. </a>C’est un moment ouvert à toutes et à tous. La seconde date importante à retenir est le 28 janvier, à Bordeaux, à la librairie Mollat, pour une nouvelle rencontre avec les lecteurs autour du livre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sont les deux premiers temps forts, et d’autres rencontres viendront ensuite accompagner la sortie du roman.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.editions-jclattes.fr/livre/la-rosa-perdida-9782709675222/?hbb-open=button0" data-type="link" data-id="https://www.editions-jclattes.fr/livre/la-rosa-perdida-9782709675222/?hbb-open=button0" target="_blank" rel="noopener">→ <strong>Précommander le livre</strong></a></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-tiktok wp-block-embed-tiktok"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="tiktok-embed" cite="https://www.tiktok.com/@chrislaquieze/video/7583761274480168214" data-video-id="7583761274480168214" data-embed-from="oembed" style="max-width:605px; min-width:325px;"> <section> <a target="_blank" title="@chrislaquieze" href="https://www.tiktok.com/@chrislaquieze?refer=embed" rel="noopener">@chrislaquieze</a> <p>Je sors mon premier roman. Et je n’arrive toujours pas à y croire. Un an et demi de travail acharné. Un an et demi à chercher, raturer, douter, recommencer. Un an et demi à tenter d’accoucher, tant bien que mal, d’un texte qui me ressemble vraiment. Aujourd’hui, je suis à la fois heureux, fier, et profondément ému de vous présenter La Rosa Perdida aux @editionsjclattes  Ce livre est né d’un rêve. Un matin de novembre, je me réveille avec cette sensation étrange d’avoir vécu une autre vie pendant la nuit, comme si le rêve refusait de s’éteindre avec le jour. J’ai alors scotché quatre feuilles entre elles, attrapé des post-it, un crayon en bois, et je me suis lancé avec une seule obsession en tête : « Écrire une fiction où tout serait vrai. » Et pendant un an et demi, grâce à une éditrice qui ne m’a jamais lâché (@mariegree_ )— comme une sœur avec qui l’on débat, doute, se blesse parfois, mais avance toujours —, grâce à une directrice (@veroniquecardi ) qui a su voir dans ce texte un univers qui m’est propre, La Rosa Perdida est devenu réel. Il y aurait tant de personnes à remercier que ce post n’y suffirait pas. La dernière page du livre leur est consacrée. Elle leur appartient. Le roman est désormais disponible en précommande. (Sortie officielle le 14 Janvier). Le lien est dans ma bio.  Et je crois pouvoir dire, sans trembler, que je n’ai jamais écrit quelque chose d’aussi intime. De lecteur, je suis devenu auteur. Et j’ose espérer que mon monde, aussi étrange et farfelu soit-il, viendra toucher, quelque part, un recoin de votre cœur. Merci à vous. Merci à tous. <a title="premierroman" target="_blank" href="https://www.tiktok.com/tag/premierroman?refer=embed" rel="noopener">#premierroman</a> <a title="booktok" target="_blank" href="https://www.tiktok.com/tag/booktok?refer=embed" rel="noopener">#booktok</a> <a title="lecture" target="_blank" href="https://www.tiktok.com/tag/lecture?refer=embed" rel="noopener">#lecture</a> <a title="livre" target="_blank" href="https://www.tiktok.com/tag/livre?refer=embed" rel="noopener">#livre</a> <a title="litterature" target="_blank" href="https://www.tiktok.com/tag/litterature?refer=embed" rel="noopener">#litterature</a> </p> <a target="_blank" title="♬ son original - Chris Laquieze" href="https://www.tiktok.com/music/son-original-7583761280352193303?refer=embed" rel="noopener">♬ son original &#8211; Chris Laquieze</a> </section> </blockquote> <script async src="https://www.tiktok.com/embed.js"></script>
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		<title>Belle de Match : un Bridget Jones au Masculin, Drôle, Tendre et Attachant</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anna]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Oct 2025 11:52:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Nouveaux Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[Et si la quête de l’amour passait… par un revers lifté ? Avec Belle de match, Laurent Chiambretto signe une comédie irrésistible qui explore l’univers savoureux — et souvent méconnu — du tennis amateur. Un terrain de jeu idéal où se croisent joueurs passionnés, entraîneurs borderline et bénévoles hauts en couleur. Le club devient alors [...]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et si la quête de l’amour passait… par un revers lifté ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Avec <em>Belle de match</em>, Laurent Chiambretto signe une comédie irrésistible qui explore l’univers savoureux — et souvent méconnu — du tennis amateur. Un terrain de jeu idéal où se croisent joueurs passionnés, entraîneurs borderline et bénévoles hauts en couleur. Le club devient alors un véritable théâtre miniature de la société, avec ses enthousiasmes, ses rivalités, ses maladresses et ses élans d’humanité.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cœur du roman, Roger, antihéros romantique et gaffeur magnifique, s’inscrit dans un club pour séduire une inconnue… alors qu’il ne sait absolument pas jouer. Porté par un coach fantasque et un entourage aussi barré qu’attachant, il accumule les situations cocasses dans une quête à la fois burlesque et profondément tendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière l’humour, <em>Belle de match</em> touche à des thèmes plus intimes : la solitude, les secondes chances, l’envie — ou le besoin — de se réinventer à 50 ans. Laurent Chiambretto orchestre ces motifs avec une voix drôle, décalée, pleine d’énergie, offrant un roman feel-good qui se lit comme un match en cinq sets : intense, rythmé, jubilatoire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un homme, une raquette, un rêve… et surtout aucune idée de ce qu’il fait là.</strong><br>Une comédie aussi touchante que divertissante, à savourer sans modération.</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Directeur d’un grand club de tennis à Paris, Laurent Chiambretto est l’auteur de plusieurs ouvrages mêlant tennis et humour. Depuis une vingtaine d’années, il multiplie les projets autour de ce sport : tour du monde pédagogique pour en étudier la sociologie, diplôme d’entraîneur, chroniques télé, radio et presse, réalisation d’un DVD pédagogique, articles spécialisés, co-fondation d’une structure franco-asiatique, création de podcast et participation à des jurys d’examen. Une expertise généreuse et plurielle, qui irrigue chaque page de <em>Belle de match</em>.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="687" height="1024" src="https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/11/1759991031758-687x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-1389" style="width:765px;height:auto" srcset="https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/11/1759991031758-687x1024.jpeg 687w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/11/1759991031758-403x600.jpeg 403w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/11/1759991031758-768x1145.jpeg 768w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/11/1759991031758-1030x1536.jpeg 1030w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/11/1759991031758.jpeg 1280w" sizes="auto, (max-width: 687px) 100vw, 687px" /></figure>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><strong><a href="https://www.fnac.com/a21759861/Laurent-Chiambretto-Belle-de-match" data-type="link" data-id="https://www.fnac.com/a21759861/Laurent-Chiambretto-Belle-de-match" target="_blank" rel="noopener">Cliquez ici pour acheter <em>le livre.</em></a></strong><br><em>Disponible dès le 16 octobre 2025 – Éditions Amphora.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<item>
		<title>Rentrée 2025 : Nos Quatre Coups de Cœur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anna]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 Aug 2025 20:30:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Coups de Coeur]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Nouveaux Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[La rentrée littéraire d’automne 2025 aligne tant de romans qu’on s’y perd facilement, happé par la profusion des voix. CaféLitté a choisi d’en retenir quatre, des livres que notre petit œil littéraire pressent déjà comme des repères, appelés à marquer cette saison autant qu’à résonner durablement en nous. Chaque automne, la rentrée littéraire s’impose comme [...]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><strong>La rentrée littéraire d’automne 2025 aligne tant de romans qu’on s’y perd facilement, happé par la profusion des voix. CaféLitté a choisi d’en retenir quatre, des livres que notre petit œil littéraire pressent déjà comme des repères, appelés à marquer cette saison autant qu’à résonner durablement en nous.</strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque automne, la rentrée littéraire s’impose comme un événement incontournable de la vie culturelle en France. Des centaines de romans affluent, portés par l’attente des lecteurs, la curiosité des critiques et l’effervescence des éditeurs. Cette profusion, si stimulante, rend parfois difficile le choix parmi les voix nouvelles ou confirmées. C’est pourquoi CaféLitté a décidé de mettre en lumière quatre titres qui, par leur intensité et leur singularité, nous semblent appelés à marquer cette rentrée littéraire d’automne 2025.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Jakuta Alikavazovic, <em>Au grand jamais</em> (Gallimard, 21 août 2025)</h2>



<p class="wp-block-paragraph">« On grandit autant dans un pays, dans un foyer, que dans certaines histoires… » Dès l’incipit, Jakuta Alikavazovic installe la tonalité de son nouveau roman : intime, grave, mais traversé d’une quête vitale de vérité. La narratrice y enquête sur la disparition de sa mère, poétesse autrefois acclamée dans son pays d’origine puis effacée en France, où l’écriture s’était peu à peu éteinte. Cette absence devient une énigme, un fil à dénouer pour comprendre ce qui se transmet dans le silence comme dans la parole interrompue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Suivant son instinct — ou peut-être un don —, la fille devenue mère s’attache aux symptômes d’une histoire refoulée, jusqu’à en exhumer le cœur battant. Tout en échos et en replis secrets, <em>Au grand jamais</em> se révèle un grand roman sur les non-dits familiaux, sur ce qui hante les générations et sur ces histoires intimes qui, qu’on le veuille ou non, nous aident à vivre.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Avec <em>Au grand jamais</em>, récit baroque et d&rsquo;une grâce infinie autour de la figure de sa mère, Jakuta Alikavazovic confirme sa place désormais prééminente dans le paysage littéraire. » <em>Livres Hebdo</em></p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://www.gallimard.fr/catalogue/au-grand-jamais/9782073088260" data-type="link" data-id="https://www.gallimard.fr/catalogue/au-grand-jamais/9782073088260" target="_blank" rel="noopener">Acheter ce livre </a></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Joffrine Donnadieu, <em>Aux nuits à venir</em> (Gallimard, 21 août 2025)</h2>



<p class="wp-block-paragraph">« Son ventre est chaud, il brûle. Il ne reste plus que cette boule incandescente au niveau du nombril qui illumine tout sur son passage. Jamais elle n’a ressenti autant d’amour. Son ventre contient leur histoire. Elle flotte dans l’air comme un foulard emporté par le vent. Elle passe à travers la grille, y dépose la fourrure des souvenirs qui l’étouffaient, les secrets enfouis, sa vie faussée. Elle dépose les angoisses, les peurs, le dégoût d’elle-même, l’effroi, la culpabilité, les mensonges et les sombres nuits. » </p>



<p class="wp-block-paragraph">À trente-quatre ans, Marguerite, dite Marge, fuit la moindre entrave à sa liberté. Sans emploi ni logement stables, elle est envahie par des personnages qui peuplent ses nuits, chacun réclamant qu’elle raconte son histoire. Elle finit par trouver refuge dans la cabane d’un chantier abandonné, rue des Martyrs. En escaladant l’échafaudage de l’immeuble vide, elle découvre un dernier occupant : Victor, ancien militaire, qui résiste aux pressions du promoteur immobilier. Ensemble, ils vont faire alliance contre le monde extérieur. Alors que chaque nuit Marge met au monde les créatures qui la hantent et lui dévoilent un lourd secret d’enfance, la passion amoureuse va saisir les deux réfractaires aux destins si opposés. Ce roman plein de fougue emporte le lecteur dans l’histoire d’un amour ardent, nourri par la puissance de l’imaginaire. Joffrine Donnadieu libère ici une langue charnelle, vibrante, habitée.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Joffrine Donnadieu - Aux nuits à venir" width="1020" height="574" src="https://www.youtube.com/embed/W059PvtbYKE?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://www.gallimard.fr/catalogue/aux-nuits-a-venir/9782073032164" data-type="link" data-id="https://www.gallimard.fr/catalogue/aux-nuits-a-venir/9782073032164" target="_blank" rel="noopener">Acheter ce livre</a></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Agnès Desarthe, <em>L’Oreille absolue</em> (Éditions de l’Olivier, 22 août 2025)</h2>



<p class="wp-block-paragraph">« C’était un hiver lumineux et sec où rien ne semblait devoir mourir. » Un petit garçon intenable rencontre un homme au bout du rouleau. Une femme retrouve son amant disparu. Un musicien prépare un concours avec un jeune prodige qui ne sait pas lire une note. Deux adolescents filent à moto sans casque.<br>Ces personnages – et bien d’autres encore &#8211; semblent n’avoir aucun lien entre eux, si ce n’est que tous appartiennent à la même harmonie municipale. Mais une fillette timide promise à un brillant avenir les observe sans qu’ils le sachent. Elle comprend qu’un fil les relie tous et qu’un sort a suspendu pour un temps les drames individuels. Que ce fil vienne à rompre, et tous tomberont. La musique, alors, s’arrêtera.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cet admirable roman polyphonique, Agnès Desarthe s’amuse à nouer et dénouer les destins par le seul jeu de l’écriture.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Agnès Desarthe - L&#039;oreille absolue" width="1020" height="574" src="https://www.youtube.com/embed/tJvc3zBggRo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Nathacha Appanah, <em>La nuit au cœur</em> (Gallimard, 21 août 2025)</h2>



<p class="wp-block-paragraph">« De ces nuits et de ces vies, de ces femmes qui courent, de ces cœurs qui luttent, de ces instants qui sont si accablants qu’ils ne rentrent pas dans la mesure du temps, il a fallu faire quelque chose. Il y a l’impossibilité de la vérité entière à chaque page mais la quête désespérée d’une justesse au plus près de la vie, de la nuit, du cœur, du corps, de l’esprit. De ces trois femmes, il a fallu commencer par la première, celle qui vient d’avoir vingt-cinq ans quand elle court et qui est la seule à être encore en vie aujourd’hui.<br>Cette femme, c’est moi. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La nuit au cœur</em>&nbsp;entrelace trois histoires de femmes victimes de la violence de leur compagnon. Sur le fil entre force et humilité, Nathacha Appanah scrute l’énigme insupportable du féminicide conjugal, quand la nuit noire prend la place de l’amour.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="RENTRÉE LITTÉRAIRE 2025 | Nathacha Appanah lit un extrait de &quot;La nuit au cœur&quot;" width="1020" height="574" src="https://www.youtube.com/embed/YYIMC_IVxCQ?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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			<media:title type="plain">Joffrine Donnadieu - Aux nuits à venir</media:title>
			<media:description type="html"><![CDATA[Une histoire d&#039;amour insolite au cœur d&#039;un monde en marge, où la folie se trouve à l&#039;extérieur et l&#039;imaginaire au centre.Joffrine Donnadieu vous présente son...]]></media:description>
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		<title>« Dans les coulisses de la &#8216;Ndrangheta » : lever le voile sur la mafia calabraise</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anna]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 Aug 2025 10:10:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Nouveaux Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[La mafia calabraise, longtemps perçue comme une force régionale confinée dans l’ombre de la Cosa Nostra, est aujourd’hui l’organisation criminelle la plus influente au monde. Dans Dans les coulisses de la ‘Ndrangheta, paru le 4 août 2025 chez Basset Éditions, Gabriella Marà propose une plongée inédite au cœur de ce réseau tentaculaire qui a su [...]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>La mafia calabraise, longtemps perçue comme une force régionale confinée dans l’ombre de la Cosa Nostra, est aujourd’hui l’organisation criminelle la plus influente au monde. Dans <em>Dans les coulisses de la ‘Ndrangheta</em>, paru le 4 août 2025 chez <a href="https://basset-editions.com/" data-type="link" data-id="https://basset-editions.com/" target="_blank" rel="noopener">Basset Éditions</a>, Gabriella Marà propose une plongée inédite au cœur de ce réseau tentaculaire qui a su s’imposer comme un acteur majeur des trafics internationaux et un interlocuteur invisible des sphères du pouvoir.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ouvrage, fruit d’années d’enquêtes, d’archives judiciaires et de témoignages de repentis, décrypte avec précision les mécanismes qui assurent la cohésion et l’efficacité redoutable de la ‘Ndrangheta. Plus qu’une étude criminologique, il met en lumière ses liens troubles avec la grande corruption, ses rapports ambigus avec la religion catholique, ainsi que ses connexions occultes avec certaines loges maçonniques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Gabriella Marà</strong> – pseudonyme choisi pour garantir une totale liberté d’analyse – est une analyste criminelle aguerrie, forte d’une expérience au sein du projet international I-Can (<strong>Interpol Cooperation Against ’Ndrangheta</strong>) et de collaborations avec de grandes enquêtes franco-italiennes. Son expertise, nourrie de terrain et de mémoire judiciaire, confère à ce livre une autorité rare.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plutôt qu’un récit sensationnaliste, l’autrice offre une mise en perspective historique et politique. L’affaire Aldo Moro, la loge P2 ou encore le coup d’État manqué du prince Borghese sont revisités sous l’angle de l’influence souterraine de la mafia calabraise, révélant comment celle-ci a su infiltrer les rouages de la société italienne jusqu’à infléchir son destin collectif.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Extrait</h4>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« J’étais un gamin quand mon grand-père, pour nous rendre plus virils, nous a forcés, mes cousins et moi, à manger des piments directement de la plante. Mes yeux pleuraient, mais je devais résister pour prouver à tous que j’étais un homme. Je pleurais comme un crocodile. Un jour, ils ont égorgé mon cochon à Noël. Je devais avoir quatre ou cinq ans, tout au plus. Ils ont placé mon cochon sur une table et plusieurs personnes l’ont attaché. C’était une tradition à la campagne, en Gambarie. Grand-père a alors enfoncé son couteau dans la gorge du cochon, et le sang s’est mis à gicler. Mon cochon s’est alors mis à couiner, il criait comme un damné, et moi, je devais remuer son sang chaud pour qu’il ne caille pas, pour faire du boudin noir. Si vous ne le remuez pas, le sang coagule. Alors, quand j’étais enfant, pour me donner du courage, ils me forçaient à accomplir cette besogne. Moi, je feignais l’indifférence, je faisais croire que cela m’était égal. Imaginez comme j’étais bête ! Avec cette mentalité, cette mentalité où il fallait démontrer qu’on était un dur. Le cochon hurlait et moi, je remuais son sang. Même maintenant, cela me revient avec dégoût, c’était un choc. »<br><em>Déclaration du repenti Emilio Di Giovine, ancien membre de la ‘Ndrangheta</em></p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Avec ce premier titre de son catalogue, la jeune maison indépendante Basset Éditions, fondée en Corse en 2024, affirme une ligne éditoriale ambitieuse : clarté, rigueur et refus du sensationnalisme. Un livre qui ne se contente pas d’informer, mais qui invite à réfléchir à la manière dont le crime organisé s’entrelace avec nos sociétés contemporaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://basset-editions.com/produit/dans-les-coulisses-de-la-ndrangheta/" data-type="link" data-id="https://basset-editions.com/produit/dans-les-coulisses-de-la-ndrangheta/" target="_blank" rel="noopener">Acheter le livre</a></strong></p>


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			</item>
		<item>
		<title>« La Littérature, c’est un Immense Territoire de Liberté. » : Marc Levy</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anna]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Mar 2025 12:22:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Interviews]]></category>
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					<description><![CDATA[L’auteur français le plus lu au monde, Marc Levy, signe son 26e roman, une comédie engagée où la fiction s’entrelace avec l’actualité. À travers l’histoire de Mitch, un libraire passionné, il met en lumière la lutte contre une censure grandissante, inspirée par une loi américaine interdisant des milliers de livres dans les écoles et les [...]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’auteur français le plus lu au monde, Marc Levy, signe son 26e roman, une comédie engagée où la fiction s’entrelace avec l’actualité. À travers l’histoire de Mitch, un libraire passionné, il met en lumière la lutte contre une censure grandissante, inspirée par une loi américaine interdisant des milliers de livres dans les écoles et les bibliothèques. Dans cette interview, l’auteur, qui a conquis les lecteurs du monde entier, nous parle du pouvoir des mots, de la résistance qui anime son récit et de la magie intemporelle de la littérature.</strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Votre nouveau roman, <em>La librairie des livres interdits</em>, est un vibrant hommage à la littérature, à la résistance et à l’amour. Si l’histoire relève de la fiction, un détail nous ancre immédiatement dans la réalité : <em>HB 1467</em>. Pourquoi avoir choisi d’introduire cet élément très concret dans un roman qui, par ailleurs, semble se situer hors du temps et de l’espace ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Marc Levy : </strong>Il y a deux ans, j’ai découvert la promulgation de la loi HB 1467 en Floride, qui a depuis fait des émules dans un certain nombre d&rsquo;États américains. Cette loi permet aux pouvoirs ultraconservateurs d’interdire l’accès à certains livres dans les bibliothèques scolaires, les établissements scolaires et même les bibliothèques publiques pour les mineurs. Ce qui m’a immédiatement frappé, c’est la liste des ouvrages bannis et les raisons invoquées pour leur interdiction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Floride, le gouverneur Ron DeSantis refuse de légiférer sur les armes semi-automatiques, malgré l’ampleur des fusillades dans les écoles. Selon lui, interdire ces armes reviendrait à restreindre les libertés individuelles. Pourtant, dans le même temps, il n’hésite pas à priver les enfants de certains livres, comme si ces derniers représentaient une menace plus grande que des armes automatiques ou semi-automatiques. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Plutôt que d’écrire un document sur la censure, ce qui aurait été aride, j’ai voulu comprendre pourquoi un petit dictateur en puissance, redoute davantage les mots que les balles. Cette réflexion a donné naissance à l’envie d’écrire un roman sur le formidable pouvoir des mots et de la lecture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On parle beaucoup des réseaux sociaux et des smartphones, mais on oublie souvent la force insoupçonnée contenue dans les pages d’un livre. Les livres sont d’abord un outil de résistance : résistance à la haine, à la peur, au stress et aux angoisses distillés par les réseaux sociaux. Mais ils offrent aussi un horizon, une richesse que l’on sous-estime parfois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ainsi qu’est né ce roman, une comédie sur l’amour des livres, conçue pour donner envie de lire. Mais elle s&rsquo;inspire de cette réalité consternante aux États-Unis.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/02/Copy-of-Black-and-White-Modern-Daily-Vlog-YouTube-Thumbnail-6-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-1043" srcset="https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/02/Copy-of-Black-and-White-Modern-Daily-Vlog-YouTube-Thumbnail-6-1024x576.jpg 1024w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/02/Copy-of-Black-and-White-Modern-Daily-Vlog-YouTube-Thumbnail-6-600x338.jpg 600w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/02/Copy-of-Black-and-White-Modern-Daily-Vlog-YouTube-Thumbnail-6-768x432.jpg 768w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/02/Copy-of-Black-and-White-Modern-Daily-Vlog-YouTube-Thumbnail-6.jpg 1280w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans ce roman, les livres sont des symboles de liberté et de résistance à l’autoritarisme. Pourquoi, encore aujourd’hui, sont-ils perçus comme une menace par certains régimes ou courants de pensée ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Marc Levy : </strong>Orwell l’avait déjà très bien expliqué dans <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1984_(roman)" data-type="link" data-id="https://fr.wikipedia.org/wiki/1984_(roman)" target="_blank" rel="noopener">1984</a></em> : la dictature repose sur une pensée unique. Elle a besoin de désigner une minorité pour en faire son ennemi, faute de pouvoir proposer un véritable programme de vie à la société. Ainsi, son programme se construit autour de la désignation de cet ennemi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, toutes les dictatures de l’Histoire ont échoué, mais leurs dirigeants ne veulent surtout pas que cela se sache. C’est là que les livres deviennent une menace. La dictature et l’autocratisme reposent sur la peur. Sans peur, un régime autoritaire ne fonctionne pas. Il doit terroriser pour s’imposer. C’est pourquoi les partis extrémistes, qu’ils soient d’extrême droite ou d’extrême gauche, commencent toujours par instiller la peur : peur de l’autre, peur d’une minorité présentée comme une menace pour votre modèle de vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais pour entretenir cette peur, il faut maintenir les gens dans l’ignorance. Si vous lisez les romans de Toni Morrison, vous ne pouvez plus être raciste. Si vous lisez <em>Le Journal d’Anne Frank</em>, vous ne pouvez plus être antisémite. Si vous découvrez, à travers la littérature, les réalités de l’époque franquiste, vous ne pouvez plus adhérer aux extrêmes droites religieuses. De même, si vous lisez des ouvrages sur la Seconde Guerre mondiale et comprenez la faillite morale du nazisme, vous ne vous demanderez plus si Elon Musk a fait ou non un salut nazi : vous saurez le reconnaître.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Empêcher de lire ces livres, c’est le seul moyen pour les dictateurs de maintenir l’ignorance et, par conséquent, de cultiver la peur. La haine est facile à instiller : il suffit de convaincre quelqu’un qui n’a jamais eu l’opportunité de lire que le livre est l’ennemi du peuple. Ainsi, les dictateurs ont toujours eu peur des livres.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Empêcher de lire ces livres, c’est le seul moyen pour les dictateurs de maintenir l’ignorance et, par conséquent, de cultiver la peur. [&#8230;] Les dictateurs ont toujours eu peur des livres.</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Au moment de l&rsquo;invasion de l&rsquo;Ukraine par la Russie, le gouvernement de Poutine met en place un programme de déportation de 40 000 enfants ukrainiens. Évidemment, cette réalité est ignorée, niée et incomprise. Poutine&nbsp; présente cela à son peuple comme une opération de sauvetage, prétendant que ces enfants ukrainiens sont pris en charge et protégés. C’est le mensonge, la désinformation pure et simple. Ainsi, certains citoyens russes, de bonne foi, croient réellement que la Russie agit pour le bien de ces enfants abandonnés, orphelins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon roman, <em><a href="https://www.marclevy.com/livres/la-symphonie-des-monstres/" data-type="link" data-id="https://www.marclevy.com/livres/la-symphonie-des-monstres/" target="_blank" rel="noopener">La Symphonie des monstres,</a></em> qui repose sur une enquête, raconte une histoire bien différente. Il plonge le lecteur dans la vie d’une femme infirmière, travaillant dans un dispensaire dans une région ukrainienne occupée par les Russes. Un matin, son petit garçon est kidnappé à l’école et envoyé en Russie. Le roman suit alors l’histoire de la sœur de ce garçon, une adolescente, et de cette femme infirmière qui vont tout faire pour récupérer le petit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi je vous parle de ce roman ? Parce que, quelle que soit votre nationalité – russe, espagnole, italienne, anglaise ou allemande – lorsque vous entrez dans la vie de cette femme, de cette jeune adolescente, et dans la tête de ce petit garçon kidnappé, tout disparaît : les religions, les couleurs de peau, les nationalités, les origines. Ce qui reste, c’est l’essentiel. Et vous ne pouvez pas rester insensible à cette monstruosité. Les auteurs de cette horreur ne veulent surtout pas que vous y accédiez. C’est pourquoi ce livre est censuré en Russie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous avez cependant réussi à rendre ce livre accessible à vos lecteurs russes…</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Marc Levy : </strong>Oui, nous avons réussi à le rendre gratuitement accessible en ligne, et ce, sur un grand nombre de plateformes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans mon nouveau livre, lorsque je raconte l’histoire de ce libraire qui entre en résistance, l’intention est la même : susciter le désir de lire. Faire comprendre à ceux qui, aujourd’hui, se laissent détruire par la haine et la désinformation des réseaux sociaux, que dans les livres, ils trouveront la paix, le bonheur, et surtout une envie d’aimer, plutôt que de nourrir une soif de détester.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je n’ai pas beaucoup de certitudes dans la vie, j’ai même souvent des doutes. Mais une chose dont je suis sûr, c’est que l’on vit beaucoup plus heureux en aimant qu’en haïssant. Je n’ai jamais rencontré de personnes haineuses vraiment heureuses. Bien sûr, j’en ai vu qui paraissaient satisfaites, mais cette satisfaction était illusoire. Quand on observe les présentateurs de Fox News, avec toute cette haine qui les anime, ils semblent très sûrs d’eux… mais ce ne sont clairement pas des gens heureux. Leur visage trahit l’absence de bonheur.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/02/Copy-of-Black-and-White-Modern-Daily-Vlog-YouTube-Thumbnail-7-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-1044" srcset="https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/02/Copy-of-Black-and-White-Modern-Daily-Vlog-YouTube-Thumbnail-7-1024x576.jpg 1024w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/02/Copy-of-Black-and-White-Modern-Daily-Vlog-YouTube-Thumbnail-7-600x338.jpg 600w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/02/Copy-of-Black-and-White-Modern-Daily-Vlog-YouTube-Thumbnail-7-768x432.jpg 768w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/02/Copy-of-Black-and-White-Modern-Daily-Vlog-YouTube-Thumbnail-7.jpg 1280w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La résistance, qu’elle s’exprime face à l’oppression, à l’injustice ou dans des combats plus intimes, traverse votre œuvre comme un fil rouge, y compris dans votre dernier roman. Qu’est-ce qui fait de ce motif une nécessité pour vous</strong> ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Marc Levy :</strong> À 18 ans, lorsque je suis entré à la Croix-Rouge, j&rsquo;ai vécu quelque chose de fondamental. À l&rsquo;adolescence, on traverse souvent cette période où l’on se pose des questions existentielles : qui suis-je, quel est mon rôle parmi des milliards de personnes, que vais-je faire de ma vie ? Étrangement, la réponse à ces questions m&rsquo;est venue au moment où je me suis occupé d’autrui. Dès lors, mon centre de gravité a basculé, non plus vers moi-même, mais vers les autres. Ce que j&rsquo;ai découvert à ce moment-là, c&rsquo;est que beaucoup de bonheur se trouve dans le fait de se soucier des autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&#8217;empathie est un moteur extraordinaire. Et la manière dont elle nous porte dans la vie est véritablement frappante. Prenez un exemple simple : dans le métro, lorsqu&rsquo;une personne est agressée, qu&rsquo;est-ce qui fait que certains restent là, indifférents, tandis que d&rsquo;autres se lèvent pour intervenir ? Il suffit qu&rsquo;une seule personne se lève pour que tout un mouvement se crée, et qu&rsquo;une atrocité soit empêchée. Ce sentiment de résistance, je crois qu&rsquo;il est en chacun de nous, et le fait de ne pas l’utiliser me semble être un gâchis. Après, bien sûr, chacun agit comme il l&rsquo;entend, mais pourquoi ai-je choisi cette voie ? Parce qu&rsquo;en rejoignant la Croix-Rouge, j&rsquo;ai découvert un bonheur immense à me soucier des autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela a donné un sens profond à ma vie. Il est facile de se dire qu&rsquo;on n&rsquo;a rien à faire des souffrances des autres, des gens qui meurent de faim à des milliers de kilomètres. Mais pour ma part, je ne peux pas me résoudre à cette indifférence. Je n’ai pas le choix, cette réalité me hante.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">[&#8230;] Ce sentiment de résistance est en chacun de nous, et ne pas l’utiliser serait un véritable gâchis.</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Bien sûr, on ne peut pas résoudre tous les problèmes du monde ni effacer toute la misère, mais chaque geste, chaque petite action a son importance. C’est déjà une victoire de faire ce qu’on peut, à notre échelle. Pour ma part, j’essaie de contribuer à ma manière, à ma façon, en croyant profondément à cette résistance individuelle qui, lorsqu’elle se rassemble, devient une résistance collective. Et c’est justement ce que les dictatures et les autocrates redoutent : l&rsquo;idée que les gens puissent envisager une alternative à leur pouvoir. Le système vacille dès que les individus se réveillent, prennent conscience qu&rsquo;ils ne sont pas seuls. C’est à ce moment-là que tout peut basculer. Les révolutions prennent forme quand les gens comprennent qu’ils partagent la même souffrance, qu&rsquo;ils sont nombreux à faire face à la même injustice. C’est ce réveil collectif qui permet de renverser les choses.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les personnages de </strong><strong><em>La librairie des livres interdits </em></strong><strong>sont à la fois fascinants et engagés. Sont-ils purement fictifs, ou s’inspirent-ils de personnes réelles ou d’événements précis ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Marc Levy : </strong>Les deux, en réalité. Mes personnages sont fictifs, mais souvent, ils puisent dans des traits de caractère, des gestes, des répliques ou des attitudes de personnes que j’ai croisées dans ma vie, de ceux qui m’ont profondément marqué, et parfois même de fragments de moi-même. Par exemple, je peux très bien intégrer une part de moi dans le personnage d’une vieille dame, sans que ce soit nécessairement une copie physique. Ce qui me procure le plus de plaisir dans mon travail, c’est la construction de ces personnages. Et, je crois que ce sont eux qui m’aident à me construire. Ils m’apportent énormément. Comme je le disais plus tôt, le livre nous offre une richesse de nuances. Il nous prend du temps, mais en retour, il nous en accorde aussi. Lire, c’est s’offrir du temps à soi-même. Et pour créer mes personnages, je m’octroie aussi ce temps. Je vais à leur rencontre, je les fréquente, et au fil du récit, il arrive un moment où je n’arrive plus à distinguer clairement la fiction de la réalité. Pour moi, Mme Ateltow, Anna, Mitch&#8230; tous les personnages sont réels. Ils ne sont pas que des figures imaginaires, ce sont des amis, ou des ennemis, qui prennent place dans ma vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La couverture de votre livre est vraiment magnifique et suscite de nombreux commentaires positifs. Comment avez-vous choisi cette illustration et quelle importance accordez-vous à l’aspect visuel dans la conception de vos livres ?</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1280" height="720" src="https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/02/1.jpg" alt="" class="wp-image-1046" srcset="https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/02/1.jpg 1280w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/02/1-600x338.jpg 600w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/02/1-1024x576.jpg 1024w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/02/1-768x432.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1280px) 100vw, 1280px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Marc Levy : </strong>Alexis Bruchon, artiste, graphiste et illustrateur, avait organisé une exposition à New York à laquelle j&rsquo;ai eu la chance d&rsquo;assister. Je suis tombé amoureux de son travail. Lors du vernissage, un peu timidement, je me suis approché de lui pour lui demander s’il accepterait de réaliser la couverture de mon prochain roman. Avec une grande générosité, il a accepté. Nous avons donc commencé à collaborer. Je lui ai exposé ce que je recherchais, ce que je souhaitais, et après quelques échanges d&rsquo;idées et plusieurs allers-retours, il a créé cette magnifique couverture. Je suis vraiment très heureux du résultat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons d’ailleurs poursuivi notre collaboration, car à l’occasion des 25 ans de <em><a href="https://www.marclevy.com/livres/et-si-cetait-vrai/" data-type="link" data-id="https://www.marclevy.com/livres/et-si-cetait-vrai/" target="_blank" rel="noopener">Si c’était vrai</a></em>, Pocket publiera une édition spéciale qui mêle ce roman et sa suite. Alexis a également refait la couverture de cette édition, et une fois de plus, le résultat est magnifique. J&rsquo;accorde une grande importance à l’aspect visuel des livres. Le livre est un véritable compagnon, un objet que l’on garde auprès de soi, et je trouve qu&rsquo;il est important qu&rsquo;il soit beau.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La littérature est souvent perçue comme un domaine réservé à une certaine élite, où des critiques et des spécialistes tracent les frontières entre le </strong><strong><em>bon </em></strong><strong>et le </strong><strong><em>mauvais </em></strong><strong>livre. Vous, vous défendez une vision plus ouverte, où la lecture devient un espace de partage, de liberté et d’universalité. Dans ce contexte, comment définissez-vous ce qui fait un &lsquo;bon&rsquo; ou un &lsquo;mauvais&rsquo; livre, dans un monde où les recommandations et les tendances influencent fortement les choix des lecteurs ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Marc Levy : </strong>Il y a un paradoxe assez amusant à souligner. Ces intellectuels de la littérature que vous mentionnez, qui encensent les classiques, méprisent souvent les livres qui dépassent un certain seuil de popularité. Pourtant, les classiques qu&rsquo;ils encensent étaient, de leur vivant, largement considérés comme de la littérature populaire et détestés par la critique de l&rsquo;époque. C’est curieux, non ? On pourrait penser que l’intelligence humaine évolue, mais force est de constater que le petit monde littéraire semble se répéter, reproduisant les mêmes erreurs et prétentions que les générations précédentes. Je crois que ces critiques nuisent profondément au livre. Quant à la question de ce qui définit un bon ou un mauvais livre, je dirais que, pour moi, un mauvais livre est celui qui vous dégoûte de la lecture, tandis qu&rsquo;un bon livre est celui qui vous donne envie de lire un autre. C’est là, à mon sens, la véritable définition du bon et du mauvais livre.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Un mauvais livre est celui qui vous dégoûte de la lecture, tandis qu&rsquo;un bon livre est celui qui vous donne envie de lire un autre. </p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Celui qui utilise la lecture pour nourrir son ego et pour donner des leçons n’a rien compris à la véritable essence de la littérature. La bonne littérature, ce n’est ni une question de style ni d’effets ; car le style, comme la mode, évolue avec le temps. Ce qui semble « stylé » aujourd&rsquo;hui peut ne plus l’être demain. Un bon livre, c’est un livre qui vous saisit, qui vous emmène, et une fois refermé, vous donne cette soif de lire encore, encore et encore. Les critiques et les censeurs, peu importe ce qu’ils disent. Souvenez-vous qu’il y a eu des critiques musicaux qui niaient que le rap, le jazz ou le rock étaient de la musique. Ils avaient tort, et leur opinion ne compte pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ne laissez pas les autres vous faire croire que vos ressentis sont erronés. Ceux qui se croient plus légitimes que vous à juger ce que vous ressentez sont non seulement prétentieux, mais leur avis est d’une totale futilité. Si vous cherchez un bon livre, laissez-moi vous donner un conseil : entrez dans une librairie, loin des recommandations numériques. Promenez-vous entre les rayons, touchez les livres, lisez les quatrièmes de couverture et laissez-vous porter par l’envie qui surgit en vous. Si vous avez fait le bon choix, une fois le livre terminé, vous aurez découvert tout un univers. Ce bonheur de lecture vous poussera à retourner dans la librairie, à en choisir un autre, puis encore un autre, et ainsi de suite. La littérature, c’est ce vaste territoire de liberté. Ignorez ceux qui prétendent qu’elle appartient à une petite élite d’intellectuels. Croyez-moi, ils ne sont pas aussi intelligents qu’ils le croient. Au contraire, c’est bien souvent tout le contraire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Promenez-vous entre les rayons, touchez les livres, lisez les quatrièmes de couverture et laissez-vous porter par l’envie qui surgit en vous. Si vous avez fait le bon choix, une fois le livre terminé, vous aurez découvert tout un univers. Ce bonheur de lecture vous poussera à retourner dans la librairie, à en choisir un autre, puis encore un autre, et ainsi de suite. </p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous évoquez les livres comme un antidote face aux réseaux sociaux. Dans un monde où tout va à une vitesse effrénée et où nous sommes constamment sollicités par des notifications, pensez-vous qu’il est encore possible de se concentrer pleinement sur un livre ? Croyez-vous que le livre conserve son pouvoir dans la société moderne ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Marc Levy : </strong>Les réseaux sociaux, et plus largement les smartphones, sont l&rsquo;un des grands poisons de notre époque. Ces objets, devenus omniprésents, font de nous des êtres constamment connectés. Il n’y a pas eu, à part peut-être à une époque où l’on portait une épée à la ceinture, un moment dans l’histoire où l’homme a été aussi dépendant d’un outil. Aujourd’hui, vous dînez avec quelqu’un et vous consultez votre téléphone au lieu de discuter avec la personne en face de vous. Ces appareils ont été conçus pour nous faire passer constamment d&rsquo;une chose à l&rsquo;autre, ce qui entraîne un déficit d&rsquo;attention et de concentration. Mais ce n’est pas une fatalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela rend le métier d’écrivain encore plus complexe, car pour capter l&rsquo;attention d&rsquo;un lecteur dans un livre de 300 pages, il faut que l&rsquo;exigence soit d&rsquo;autant plus grande. Quand j’étais enfant, il y avait trois chaînes de télévision, très peu de programmes de divertissement, pas d’Internet, et le cinéma était cher. Le livre était alors un remède extraordinaire contre l’ennui. Aujourd’hui, on n’a plus le droit d’ennuyer les gens, bien que je sois convaincu que l’ennui a des vertus, en particulier celle de stimuler l’imaginaire. Mais ce n’est qu’une phase, et là encore, la résistance consiste à ne pas accepter cette situation comme inévitable. Il faut, dans notre manière de travailler et d’écrire, réengager les lecteurs et leur donner envie de tourner les pages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est intéressant, à mes débuts, le terme « page-turner », utilisé pour qualifier un livre qui donne envie de tourner les pages, était considéré comme péjoratif. C’est une contradiction amusante. Pourquoi serait-ce un défaut de vouloir que le lecteur ait envie de continuer ? Après tout, un bon livre, est-ce celui qui vous incite à rester sur la même page pendant des heures ? Non, ce n’est pas ça. Un bon livre, c’est celui qui provoque une émotion. Quand j’étais jeune, on disait la même chose de la télévision : qu’elle encourageait le zapping, et que les gens n’arrivaient plus à se concentrer. Pourtant, nous continuons toujours à lire. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Un homme ou une femme, un livre en main à la terrasse d’un café, est infiniment plus sexy qu’une personne en train de scroller son smartphone.</p>
</blockquote>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/02/Copy-of-Black-and-White-Modern-Daily-Vlog-YouTube-Thumbnail-8-1-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-1049" srcset="https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/02/Copy-of-Black-and-White-Modern-Daily-Vlog-YouTube-Thumbnail-8-1-1024x576.jpg 1024w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/02/Copy-of-Black-and-White-Modern-Daily-Vlog-YouTube-Thumbnail-8-1-600x338.jpg 600w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/02/Copy-of-Black-and-White-Modern-Daily-Vlog-YouTube-Thumbnail-8-1-768x432.jpg 768w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/02/Copy-of-Black-and-White-Modern-Daily-Vlog-YouTube-Thumbnail-8-1.jpg 1280w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>En tant qu&rsquo;écrivain français le plus lu au monde, et quelqu&rsquo;un qui a réussi à maintenir une connexion forte avec ses lecteurs, quelle est votre vision de l&rsquo;avenir de la littérature et du livre face à la montée des technologies et des médias numériques ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Marc Levy : </strong>Je suis optimiste. Je pense qu’on aura toujours envie de lire. Bien sûr, il y a un travail à faire pour guérir la société du mal qu’on a fait au livre, mais il existe aussi de nombreuses personnes qui, par leur passion, rendent un immense service à la littérature. Ces amoureux des livres, qui en parlent, sont essentiels pour son avenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense qu’il y a une véritable campagne à mener pour faire comprendre qu’un homme ou une femme, un livre en main à la terrasse d’un café, est beaucoup plus sexy qu’une personne qui est en train de scroller sur son smartphone. Si cette image pouvait s’ancrer dans les esprits, ce serait déjà un grand pas. Il existe une sensualité propre aux livres qu’il faut faire redécouvrir, il existe une forme d’intimité dans les livres qu’il faut faire redécouvrir&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je crois profondément à la notion de cycles. L’histoire oscille entre des périodes de dictature et de liberté : il y a des reculs, mais l’humanité progresse malgré tout. C’est dans cette tension entre avancées et retours en arrière que se joue notre destin collectif.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Découvrez également le portrait chinois de Marc Levy ici <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f449.png" alt="👉" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> </strong><a href="https://cafelitte.fr/blog/interviews/marc-levy-portrait-chinois/" data-type="link" data-id="https://cafelitte.fr/blog/interviews/marc-levy-portrait-chinois/">Marc Levy – Portrait chinois</a></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="« La Librairie des livres interdits » : le nouveau roman engagé de MARC LEVY / INTERVIEW" width="1020" height="574" src="https://www.youtube.com/embed/52EJvS3K3lY?start=2&#038;feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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			<media:title type="plain">« La Librairie des livres interdits » : le nouveau roman engagé de MARC LEVY / INTERVIEW</media:title>
			<media:description type="html"><![CDATA[L’auteur français le plus lu au monde, Marc Levy, revient avec son 26e roman, une comédie engagée où la fiction rencontre l’actualité. À travers l’histoire d...]]></media:description>
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		<title>Philippe Rousselot, de la caméra à la plume : « Monologues »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anna]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jan 2025 13:14:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Nouveaux Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[Philippe Rousselot, chef opérateur oscarisé pour Et au milieu coule une rivière, explore une nouvelle dimension de son talent avec la sortie de Monologues (Éditions du 81). Ce recueil de onze nouvelles marque un tournant dans le parcours d’un artiste qui, après avoir magnifiquement éclairé le cinéma mondial, s’aventure désormais dans l’univers fascinant de la [...]]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Philippe Rousselot, chef opérateur oscarisé pour <em><a href="https://www.google.com/search?q=Et+au+milieu+coule+une+rivi%C3%A8re&amp;oq=Et+au+milieu+coule+une+rivi%C3%A8re&amp;gs_lcrp=EgZjaHJvbWUyBggAEEUYOdIBBzE5MWowajeoAgCwAgA&amp;sourceid=chrome&amp;ie=UTF-8" data-type="link" data-id="https://www.google.com/search?q=Et+au+milieu+coule+une+rivi%C3%A8re&amp;oq=Et+au+milieu+coule+une+rivi%C3%A8re&amp;gs_lcrp=EgZjaHJvbWUyBggAEEUYOdIBBzE5MWowajeoAgCwAgA&amp;sourceid=chrome&amp;ie=UTF-8" target="_blank" rel="noopener">Et au milieu coule une rivière</a></em>, explore une nouvelle dimension de son talent avec la sortie de <em>Monologues</em> (<a href="https://leseditionsdu81.fr/" data-type="link" data-id="https://leseditionsdu81.fr/" target="_blank" rel="noopener">Éditions du 81</a>). Ce recueil de onze nouvelles marque un tournant dans le parcours d’un artiste qui, après avoir magnifiquement éclairé le cinéma mondial, s’aventure désormais dans l’univers fascinant de la littérature. CaféLitté a eu le privilège de rencontrer Philippe Rousselot pour évoquer cette nouvelle étape, où ses réflexions poétiques et visuelles se rencontrent sur la page.</strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Philippe Rousselot</strong>, <strong>vous êtes un chef opérateur de renommée internationale. Après avoir publié un témoignage sur votre carrière, vous vous êtes orienté vers une écriture plus littéraire. Qu’est-ce qui vous a conduit à passer de l’image à l’écrit, et comment cette transition s’est-elle déroulée pour vous ? Quel rôle la littérature occupe-t-elle dans votre vie, qu’elle soit professionnelle ou personnelle ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Philippe Rousselot</strong> : La littérature a toujours été présente dans ma vie. J’ai grandi entouré de livres, et j’ai commencé à lire très tôt, énormément. Je crois même ne pas avoir passé une seule journée sans lire quelque chose. Cela fait partie de moi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ma vie professionnelle de chef opérateur, la littérature a une place différente, plus fonctionnelle. Lire un scénario, bien sûr, est essentiel. Parfois, cela implique aussi de lire des ouvrages liés au sujet du film. Par exemple, lorsqu’il s’agit d’un film d’époque, je me documente pour éviter les erreurs ou les anachronismes. Cela dit, la lecture reste plus utilitaire dans ce contexte. En revanche, sur le plan personnel, lire est vital. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Concernant l’écriture de fiction, c’est presque arrivé par accident. Écrire n’est pas une nouveauté pour moi : j’ai toujours écrit, de manière intime et sans ambition de publication. Après mon livre sur le cinéma, la maison d’édition m’a proposé de me lancer dans la fiction. Cette proposition a réveillé quelque chose en moi, une envie d’explorer cet autre terrain. Je m’y suis essayé, et j’y ai pris un plaisir immense.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu’est-ce qui a déclenché l’idée de <em>Monologues</em> ? Pourquoi avez-vous choisi la forme de la nouvelle, qui est une forme littéraire assez risquée en raison de ses contraintes et de la densité narrative ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Philippe Rousselot</strong> : C’était une évolution naturelle, mais ce n’était pas une décision consciente. Après deux ou trois textes, je me suis dit : « Je vais continuer comme ça. » Ce qui m’aide beaucoup, c’est justement de ne pas savoir à l’avance quelle sera la longueur d’un texte. Si je devais écrire avec une contrainte, je pense que cela me bloquerait. Je devrais peut-être essayer un jour, mais je doute d’y parvenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même pour mon roman précédent, <em>L’Élévation de Marie-Ange</em>, j’ai simplement commencé par une phrase. Cette phrase en a appelé d’autres, et petit à petit, des idées que j’avais en tête ou des fragments de phrases que je portais depuis un moment se sont glissés dans le texte. Sans plan, sans cadre précis. Le roman s’est terminé naturellement, avec environ 120 pages. Mais au début, je n’avais aucune idée de sa longueur : ça aurait pu être 15 pages, 40, ou même s’étendre sur 17 volumes.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="480" height="480" src="https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/01/Ph-Rousselot-3-2.jpeg" alt="" class="wp-image-972" style="width:840px;height:auto" srcset="https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/01/Ph-Rousselot-3-2.jpeg 480w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2025/01/Ph-Rousselot-3-2-400x400.jpeg 400w" sizes="auto, (max-width: 480px) 100vw, 480px" /></figure>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em><strong>&nbsp;Philippe Rousselot © Archives personnelles</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans <em>Monologues</em>, quel rôle jouent les dessins qui accompagnent les textes<em> </em>?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Philippe Rousselot</strong> : Les dessins dans <em>Monologues</em> ne sont pas essentiels, mais ils sont une forme de plaisir personnel. Le texte m’a simplement permis de dessiner, sans grande réflexion sur leur utilité. C’était une opportunité que je me suis offerte, un acte égoïste, mais qui m’a fait plaisir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les dessins ne sont pas indispensables, mais ils apportent une dimension agréable. L’idée, c’est de ne pas chercher à imposer une opinion sur leur présence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Votre narrateur semble en retrait du monde tout en l’observant intensément. Ce regard particulier est-il une manière de poser un parallèle avec votre rôle de chef opérateur, constamment derrière la caméra mais essentiel à la narration ou bien je me trompe dans cette interprétation ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Philippe Rousselot</strong> : Vous avez peut-être raison. En tant que chef opérateur, on est un peu voyeur, mais d’une manière non perverse, bien sûr. On regarde, on observe. Écrire, c’est aussi cette attention à ce que les autres ne voient pas toujours. La littérature, la cinématographie, le dessin, et même la musique, bien que je ne sois pas musicien, sont pour moi des explorations d’un même univers. Ces domaines partagent des affinités, des liens invisibles, qu’on retrouve dans le regard, la peinture, et la photographie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans l&rsquo;une de vos nouvelles, vous évoquez que « les mots se font rares et ne se reconnaissent plus », un passage que l&rsquo;on retrouve également en quatrième de couverture. Est-ce que c’est une réflexion personnelle sur votre propre rapport à l’écriture, ou une observation plus universelle sur l&rsquo;évolution et la perte de sens des mots dans notre monde moderne ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Philippe Rousselot</strong> : Je n’ai pas l’ambition de faire des déclarations universelles. Ce que je dis dans la nouvelle, c’est la voix du personnage, pas la mienne. À la fin, lorsqu’ils sont sur la plage et décident de ne plus bouger malgré la marée montante, c’est un geste d’abandon, presque suicidaire. À ce moment-là, à la veille de la mort, les mots perdent leur sens. Ils se bousculent, ils deviennent incompréhensibles, comme s’ils perdaient leurs repères. Ce n’est pas ce que je pense personnellement, mais plutôt ce que ressent le personnage.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Votre style est très poétique, vos nouvelles sont riches en procédés stylistiques tels que l&rsquo;hyperbole, la répétition, les métaphores et l&rsquo;antithèse. Vous réussissez véritablement à créer des tensions stylistiques qui semblent à la fois travaillées et naturelles. Ces choix stylistiques sont-ils le fruit d’une recherche consciente pendant l’écriture, ou naissent-ils plus spontanément, en fonction de l’évolution de vos narrateurs et de leurs réflexions ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Philippe Rousselot</strong> : Je ne travaille pas un style particulier, mais je prends beaucoup de temps à retravailler mes textes, notamment pour leur rythme. C’est un peu comme de la musique. Les phrases résonnent dans ma tête, et si quelque chose ne va pas, c’est comme une fausse note. Pour moi, la langue est une mélodie, et la poésie, comme la musique, se marient souvent ensemble. Je peux écrire rapidement un premier jet, mais je passe beaucoup de temps à ajuster le rythme, les sonorités, jusqu’à ce que ça « sonne » bien. Je ne sais pas si le lecteur entend cette musique, mais pour moi, c’est fondamental. Par exemple, dans une de mes nouvelles, je n’utilise pas de ponctuation pour donner l’effet d’une déclamation continue, sans pause, comme une pièce musicale sans temps faible. C’est ce rythme-là que je cherche à capturer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vos nouvelles, bien que plongeant souvent dans des univers fictifs et déconnectés, résonnent pourtant profondément avec des réflexions sur notre réalité actuelle. Dans une nouvelle, <em>Une brève histoire du XXIIe siècle, </em>vous dépeignez la guerre comme un phénomène cyclique, sans cesse renouvelé, mais toujours identique dans son essence. En évoquant cette guerre « plus grasse, plus maquillée », vous semblez faire écho à la manière dont les conflits contemporains prennent des formes de plus en plus complexes et médiatisées. J’aimerais que l’on revienne sur cette nouvelle et que vous nous expliquiez comment cette vision de la guerre s’est imposée dans le cadre de votre récit.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Philippe Rousselot</strong> : J’ai écrit cette nouvelle avant les événements actuels, notamment la guerre à Gaza ou en Ukraine. Bien que les guerres ne manquent pas, je ne l’ai pas écrite en réaction à un conflit précis. Ce qui m&rsquo;intéresse dans cette nouvelle, c’est la guerre elle-même, qui se répète sous différentes formes, mais reste toujours aussi tragique. Même si la situation à Gaza est terrible, ma réflexion porte sur la guerre en général, cette violence cyclique. Je suis profondément pacifiste et je crois qu’il n’y a rien de pire que la guerre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Maintenant que vous avez exploré plusieurs formes littéraires, avez-vous une préférence entre le roman, la nouvelle, et le témoignage ? Pourquoi ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Philippe Rousselot</strong> : Je n’ai pas de préférence. Le roman, la nouvelle, le témoignage… tout est difficile. Ce qui m’effraie, c’est de savoir ce que je vais raconter. Le travail laborieux ne me dérange pas. Au contraire, retravailler un texte, corriger, réécrire, c’est passionnant. Mais une fois le sujet trouvé, je panique : qui cela va-t-il intéresser ? Ensuite, je relis d&rsquo;autres auteurs, et cela me redonne courage. Ce va-et-vient entre ce que les autres ont fait et ce que je fais m’aide à avancer. Bien sûr, certains auteurs m&rsquo;ont marqué. Je pense à Flaubert, Dostoevsky, Maupassant, et à des écrivains plus modernes comme Krasznahorkai, Calvino. Ces auteurs m&rsquo;ont impressionné, et en les lisant, j&rsquo;ai eu envie d&rsquo;écrire. Mais il ne s&rsquo;agit pas de les imiter, simplement de m&rsquo;inspirer de ce que j&rsquo;ai trouvé chez eux. La littérature, comme la peinture, c&rsquo;est une immense richesse à laquelle on appartient tous à notre manière.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pour résumer, selon vous, quelle est, au fond, la fonction de la littérature ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Philippe Rousselot</strong> : Nourrir les écrivains. <em><strong>(rire)</strong></em> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelle est la fonction de la littérature ? Un peu comme la musique ou le cinéma, on pourrait se poser la question : à quoi ça sert vraiment ? Pourtant, si on essaie d’imaginer un monde sans littérature, sans musique, sans cinéma… personnellement, je ne tiendrais pas. C’est presque inimaginable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me souviens d’avoir passé plusieurs mois dans des villes aux États-Unis où il n’y avait pas de librairies. Bien sûr, il y avait des livres, mais l’absence de cet endroit où on peut flâner, toucher les couvertures, hésiter entre deux titres, c’était un vrai manque. La littérature, je ne sais pas si elle « sert » à quelque chose dans le sens utilitaire, mais elle est essentielle. Pour moi, elle sert à survivre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand les choses vont mal, quand le monde est dur, la littérature est là. Il y a des exemples poignants : des prisonniers qui, dans des conditions terribles, survivaient en se récitant des poèmes appris par cœur. Ces mots-là, ces histoires, elles aident à tenir debout, à trouver un peu de lumière. Alors, oui, la littérature, c’est ça : une façon de rester vivant, même dans l’obscurité.</p>
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		<title>Marc Levy signe son 26ᵉ roman : « La Librairie des livres interdits », un hommage à la passion et à la résistance</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anna]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Nov 2024 10:22:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités Littéraires]]></category>
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					<description><![CDATA[Le célèbre auteur Marc Levy s&#8217;apprête à marquer la fin d&#8217;année littéraire avec la parution de son 26e roman, La Librairie des livres interdits. Ce nouvel opus, publié aux éditions Robert Laffont nous invite à une réflexion profonde sur le rôle des livres dans nos vies et les luttes qu’ils incarnent. Préparez-vous à une lecture [...]]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le célèbre auteur Marc Levy s&rsquo;apprête à marquer la fin d&rsquo;année littéraire avec la parution de son 26e roman, <em>La Librairie des livres interdits</em>. Ce nouvel opus, publié aux éditions Robert Laffont nous invite à une réflexion profonde sur le rôle des livres dans nos vies et les luttes qu’ils incarnent. Préparez-vous à une lecture captivante, où intrigue et émotion se mêlent, dans un style propre à l’écrivain.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire nous entraîne aux côtés de Mitch, un libraire passionné, dont la vie bascule lorsqu’il est arrêté pour avoir vendu des ouvrages interdits. Après avoir purgé une peine de prison de cinq ans, Mitch rêve de reprendre le cours de sa vie, mais un enchaînement d’événements inattendus vient troubler ses plans. Entre la rencontre d’Anna, une jeune femme pétillante qui pourrait bien bouleverser son cœur, et une confrontation avec le procureur responsable de sa condamnation, Mitch se retrouve face à un dilemme : succomber à la vengeance ou embrasser l’amour. À travers cette intrigue, Marc Levy explore des thèmes universels comme la quête de liberté, le pardon, et la puissance des livres en tant qu’armes de résistance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Français le Plus Lu au Monde</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Marc Levy, figure incontournable de la littérature contemporaine, n’a plus besoin d’être présenté. Depuis <em>Et si c’était vrai </em>, son premier roman devenu un phénomène international en 2000, l’écrivain enchaîne les succès avec plus de 50 millions de livres vendus dans le monde. Traduit dans une cinquantaine de langues, son univers mélange romance, mystère et fantastique avec une simplicité qui séduit un large public. Ce qui distingue Levy, c’est sa capacité à saisir des émotions universelles, à faire rire et pleurer en quelques lignes, tout en abordant des sujets profondément humains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec <em>La Librairie des livres interdits</em>, Marc Levy continue de faire ce qu’il sait faire de mieux : raconter des histoires qui nous touchent, nous interrogent et nous transportent. Une chose est certaine, ce roman promet de trouver une place de choix sur les tables de chevet cet hiver. À vos agendas : rendez-vous le 19 novembre pour découvrir cette nouvelle pépite littéraire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une chronique détaillée bientôt sur CaféLitté.</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="378" src="https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2024/11/467398189_1100354144793966_3776407067719680748_n-1-1024x378.jpg" alt="" class="wp-image-891" srcset="https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2024/11/467398189_1100354144793966_3776407067719680748_n-1-1024x378.jpg 1024w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2024/11/467398189_1100354144793966_3776407067719680748_n-1-600x222.jpg 600w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2024/11/467398189_1100354144793966_3776407067719680748_n-1-768x284.jpg 768w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2024/11/467398189_1100354144793966_3776407067719680748_n-1-1536x567.jpg 1536w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2024/11/467398189_1100354144793966_3776407067719680748_n-1.jpg 1706w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>


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		<title>« Fantasia » : Contes et Légendes de l&#8217;IA</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anna]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jul 2024 15:09:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[IA et Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Interviews]]></category>
		<category><![CDATA[Nouveaux Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[Des ouvrages théoriques sur l&#8217;IA, il en existe pléthore ! Pourtant, Laura Sibony aborde cette révolution technologique sous un angle différent avec son dernier roman Fantasia, paru aux éditions Grasset en 2024. Au lieu de s’appuyer sur un discours théorique, c&#8217;est à travers des dizaines d’histoires qu’elle nous permet de saisir au mieux ce qu&#8217;est [...]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des ouvrages théoriques sur l&rsquo;IA, il en existe pléthore ! Pourtant, Laura Sibony aborde cette révolution technologique sous un angle différent avec son dernier roman <em>Fantasia</em>, paru aux éditions Grasset en 2024. Au lieu de s’appuyer sur un discours théorique, c&rsquo;est à travers des dizaines d’histoires qu’elle nous permet de saisir au mieux ce qu&rsquo;est l’intelligence artificielle – et ce qu’elle n’est pas, ce qu’elle peut changer – et ce qu’elle ne pourra jamais changer, ce qu’elle promet – et les promesses qu’elle n’arrivera pas à tenir. Une partie d’échecs entre Napoléon et le Turc mécanique, un algorithme pour reconnaître les fromages, la voix artificielle des patients atteints de la maladie de Charcot ou encore Poutine en décolleté : le machine learning, les deepfakes ou le tagging se pensent en images. </strong><br><br><strong>CaféLitté a rencontré Laura Sibony et a exploré les coulisses de <em>Fantasia.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Fantasia</em> se distingue par son approche littéraire et sa diversité de genres pour explorer l’intelligence artificielle. Quelles ont été vos motivations pour choisir cette méthode narrative plutôt qu&rsquo;une approche plus traditionnelle ou théorique ? </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Merci pour cette question, qui souligne si bien le projet au cœur de <em>Fantasia </em>! Je ne voulais ni expliquer, ni juger l&rsquo;intelligence artificielle, mais la raconter. On trouve dans <em>Fantasia </em>des chapitres d&rsquo;enquête, des récits à la première personne, quelques nouvelles, un ou deux poèmes, des fables, des dialogues, des brèves et même une critique littéraire de Chat-GPT. J&rsquo;ai voulu écrire un livre varié et amusant, comme l&rsquo;a été ma découverte de l&rsquo;intelligence artificielle.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je dis souvent que je l&rsquo;ai découverte grâce à Chagall et Botticelli, parce que j&rsquo;y ai été initiée, par la pratique, au Lab de Google Arts &amp; Culture. C&rsquo;est un département de Google qui a numérisé huit millions d&rsquo;œuvres auprès des plus grands musées du monde, et qui cherche à rendre ce trésor artistique «&nbsp;plus accessible et utile » grâce à la technologie, et notamment grâce aux technologies d&rsquo;IA. Par exemple, Google Arts &amp; Culture a développé ArtSelfie, l&rsquo;application qui permet de prendre son selfie et de trouver son sosie parmi les 300 ou 400.000 portraits numérisés, dont je parle dans le chapitre <em>Sans filtre et sans reproche. </em>J&rsquo;ai compris ce qu&rsquo;est et ce que n&rsquo;est pas l&rsquo;I.A., ses enjeux, ses promesses, par la pratique : en expérimentant, avec une base de plusieurs millions de chefs-d&rsquo;œuvre. Puis je l&rsquo;ai enseigné, dans des cours d&rsquo;initiation à l&rsquo;I.A., qui m&rsquo;ont prouvé la nécessité d&rsquo;un discours sur l&rsquo;I.A. qui dépasse la technique, et évoque ses usages, ce que ces technologies changent dans le monde.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;ai voulu incarner l&rsquo;I.A., la raconter, montrer ses différents visages à tous, plutôt que de m&rsquo;enfermer dans un discours théorique, qui ne se serait adressé qu&rsquo;aux ingénieurs ou aux philosophes.</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est que l&rsquo;I.A. a beaucoup de facettes ! Lorsque le mot apparaît, en 1956, il désigne un champ de recherche scientifique qui vise à comprendre les capacités cognitives de l&rsquo;homme (capacité à classer l&rsquo;information, à faire du lien, à générer du texte ou des images…) en les simulant sur des machines. Mais rapidement le champ de recherche scientifique trouve des applications technologiques, de plus en plus variées à mesure que la production et le stockage de la donnée s&rsquo;améliorent. L&rsquo;I.A. est aujourd&rsquo;hui omniprésente dans l&rsquo;imagerie médicale, dans le trading, sur les réseaux sociaux… Mais un médecin n&rsquo;a ni la même vision ni le même usage de l&rsquo;I.A. qu&rsquo;un trader ou un influenceur. Pour faire miroiter toutes ces facettes de l&rsquo;I.A., pour montrer la diversité de ses effets en termes d&rsquo;écologie, de détournements d&rsquo;image, de démocratie, d&rsquo;art… des formes littéraires variées s&rsquo;imposaient.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais enfin, surtout, les lecteurs ont déterminé la forme choisie. En 2024, la moitié du monde, près de trois milliards de personnes, ont voté. Il est donc essentiel de savoir comment se construit notre opinion, et en particulier comment on reçoit l&rsquo;information en ligne. Or l&rsquo;I.A. joue un grand rôle dans la sélection et la diffusion des contenus en ligne. Lorsqu&rsquo;elle est utilisée par des groupes comme Meta ou ByteDance, qui ont un intérêt économique à nous retenir sur leurs plateformes (Facebook, Instagram, Whatsapp, TikTok), elle encourage la radicalisation du discours, les clivages, l&rsquo;enfermement dans des bulles de filtre, et favorise donc le complotisme. Certains en ont peut-être déjà fait la malheureuse expérience, rien ne sert de disséquer devant un complotiste les rouages de la manipulation, ou de dénoncer l&rsquo;usage de l&rsquo;IA par les réseaux sociaux. Quand Molière s&rsquo;est attaqué à l&rsquo;hypocrisie religieuse, il n&rsquo;a pas rédigé un traité, il a créé <em>le Tartuffe.</em> J&rsquo;ai voulu incarner l&rsquo;I.A., la raconter, montrer ses différents visages à tous, plutôt que de m&rsquo;enfermer dans un discours théorique, qui ne se serait adressé qu&rsquo;aux ingénieurs ou aux philosophes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans votre livre, vous comparez l&rsquo;intelligence artificielle à des concepts humains fondamentaux tels que la vie, l&rsquo;amour et la mort, en mettant en avant le fait que l&rsquo;IA, tout comme ces concepts, ne peut être pleinement définie ou fixée. Pouvez-vous expliquer pourquoi vous avez choisi cette comparaison ? Comment cette idée d&rsquo;une IA indéfinissable enrichit-elle votre exploration du sujet dans<em> Fantasia</em> ?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Dès son apparition, le terme « artificial intelligence » a une valeur marketing : il sert à obtenir des fonds de la Fondation Rockfeller pour financer la conférence de Darmouth (pour l&rsquo;anecdote : une des plus chères de tous les temps, lorsqu&rsquo;on la rapporte au nombre de participants). En 1956, cette conférence fondatrice réunit neuroscientifiques, mathématiciens, statisticiens, informaticiens pour comprendre la manière dont fonctionne le cerveau, et en particulier dont il apprend, en simulant ses capacités sur des ordinateurs &#8211; qui en sont encore à leurs balbutiements. <em>Intelligence </em>est donc à prendre dans son sens anglais, celui qu&rsquo;on retrouve dans l&rsquo;Intelligence Service : c&rsquo;est une capacité à classer l&rsquo;information et à lui donner du sens.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais Gary écrivait, dans <em>Charge d&rsquo;âme </em>: « la technologie est le trou du cul de la science »… et de fait, l&rsquo;I.A. champ de recherche scientifique n&rsquo;a pas tardé à trouver des applications pratiques et rentables. Aujourd&rsquo;hui, elle prend des formes dites faibles, spécialisées sur une tâche donnée, ou plus fortes, et donc versatiles. On la retrouve presqu&rsquo;en synonyme d&rsquo; « informatique » : en 2024, on parle d&rsquo;I.A. pour tous ce qui consiste à chercher une logique dans une base de données, pour classer, reconnaître, prédire ou générer du sens.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Science, technologies… et imaginaire. Depuis la sortie de Chat-GPT (200 millions d&rsquo;utilisateurs en un mois !), l&rsquo;I.A. est aussi devenue un grand spectacle à échelle mondiale, occultant ses usages moins impressionnants mais plus quotidiens : détection de spam, sécurisation des comptes bancaires, optimisation des batteries… Lorsqu&rsquo;on parle d&rsquo;I.A., il faut d&rsquo;abord définir de quoi on parle : de ce qu&rsquo;elle a été, le champ scientifique ; de ce qu&rsquo;elle est, un ensemble de technologies qui touchent à des secteurs très variés ; ou de ce qu&rsquo;elle pourrait devenir, la source de menaces et d&rsquo;opportunités pour l&rsquo;écologie, le monde du travail et autres.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">De même pour tous ces grands mots, qui recouvrent des idées trop vastes et trop subjectives pour qu&rsquo;on puisse les saisir dans leur ensemble, qu&rsquo;on ne voit jamais que par facettes, incarnées dans des histoires individuelles. Je serais pour une définition de l&rsquo;amour par des histoires, pour un tableau de la vie par petites touches, ou un roman de la mort en scènes évidemment insuffisantes, dont l&rsquo;ensemble serait plus vrai qu&rsquo;une définition abstraite et générale.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="819" height="1024" src="https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2024/07/DSC1087-819x1024.jpg" alt="" class="wp-image-471" srcset="https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2024/07/DSC1087-819x1024.jpg 819w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2024/07/DSC1087-480x600.jpg 480w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2024/07/DSC1087-768x960.jpg 768w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2024/07/DSC1087-1229x1536.jpg 1229w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2024/07/DSC1087-1638x2048.jpg 1638w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2024/07/DSC1087-scaled.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 819px) 100vw, 819px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Laura Sibony</em> <em>© Archives personnelles</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quel type de réaction espériez-vous susciter chez vos lecteurs après avoir terminé Fantasia ? Y a-t-il une prise de conscience ou un changement de perspective que vous espérez voir émerger ?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Je suis surprise par la réaction des lecteurs. J&rsquo;espérais surtout faire une œuvre littéraire, c&rsquo;est-à-dire émouvoir, donner du sens à cet objet inconnu de Balzac ou de Proust qu&rsquo;est l&rsquo;intelligence artificielle. Et sans doute aussi secouer cette distinction si rigide qui sépare injustement les lettres des sciences. Or, je crois qu&rsquo;on me lit surtout pour l&rsquo;aspect technique de l&rsquo;I.A., pour trouver des réponses face aux angoisses que suscite un concept souvent mal défini, mal compris, et d&rsquo;autant plus menaçant.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">De toute façon, je n&rsquo;espérais rien d&rsquo;autre qu&rsquo;un changement de point de vue, au mieux ! Si <em>Fantasia </em>a permis de rappeler que l&rsquo;intelligence artificielle a une histoire, que ses enjeux sont variés (et je n&rsquo;en illustre qu&rsquo;une partie : j&rsquo;assume de ne pas pouvoir être exhaustive !), mais que nous utilisons au quotidien des technologies d&rsquo;I.A. le plus souvent invisibles et inoffensives, ce sera déjà beaucoup, dans un débat devenu hystérique autour de la menace existentielle que représenterait l&rsquo;I.A. Et j&rsquo;espère l&rsquo;avoir fait sans naïveté, et sans occulter des méfaits qui, s&rsquo;ils existaient déjà avant l&rsquo;I.A., sont aujourd&rsquo;hui plus accessibles et plus viraux. La propagande, la manipulation, l&rsquo;enfermement communautaire, la radicalisation du discours… existaient bien avant l&rsquo;I.A. Mais la facilité à générer des deepfakes, les systèmes de curation de l&rsquo;information sur les réseaux sociaux, les mettent aujourd&rsquo;hui dans toutes les mains, même -et surtout !- les moins bien intentionnées. Cela, c&rsquo;est un danger, mais la solution ne peut pas y être que technique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans l’introduction du livre vous vous décrivez comme appartenant à une génération qui a vécu la transition entre l&rsquo;ère pré-IA et l&rsquo;ère numérique actuelle. Comment cette perspective influence-t-elle la manière dont vous interprétez l&rsquo;intelligence artificielle ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Difficile de dater la naissance de l&rsquo;I.A. ! Certains la situent avec l&rsquo;invention de la pascaline, la machine à calculer de Blaise Pascal, première externalisation d&rsquo;une faculté cognitive humaine ; d&rsquo;autres en 1956, lorsque le terme est figé à la conférence de Darmouth ; pour beaucoup elle va de pair avec le développement des réseaux sociaux et leur adoption massive en France, vers la fin des années 2000. De plus, on oublie que même aujourd&rsquo;hui, en 2024, près de deux milliards de personnes n&rsquo;ont pas un accès stable à l&rsquo;internet ! Je ne parlerais donc pas d&rsquo;ère pré-IA, mais plutôt d&rsquo;une génération qui a appris à chercher un DVD par sa cote avant de connaître les recommandations Netflix ou le scroll TikTok, qui a forgé des amitiés réelles avant de rencontrer des gens en ligne, et qui a désormais le rôle de témoin, entre des parents qui ne comprennent pas qu&rsquo;on envoie des mails quand on peut se téléphoner, et des jeunes enfants ou cousins qui ne comprennent pas qu&rsquo;on envoie des mails quand on peut envoyer des snaps.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense en tous cas que cette position de témoin est un observatoire idéal pour raconter l&rsquo;I.A., sans la rejeter puisqu&rsquo;elle fait partie du quotidien et apporte d&rsquo;incroyables bénéfices à l&rsquo;imagerie médicale, à la recherche pharmaceutique, aux transports, à l&rsquo;éducation et bien d&rsquo;autres secteurs ; sans naïveté non plus, et sans oublier surtout ses effets négatifs : addiction, encouragement d&rsquo;une forme de paresse intellectuelle, radicalisation du discours, enfermement dans des bulles de filtre, propagande, risque écologique… Dangers bien réels, qui existaient avant l&rsquo;I.A., mais qu&rsquo;elle amplifie. Raconter l&rsquo;I.A. ne suffira pas, et c&rsquo;est pourtant déjà essentiel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Fantasia </em>fait régulièrement allusion à l&rsquo;IA créant de nouveaux mythes et peurs. Quelles sont, selon vous, les peurs les plus courantes associées à l&rsquo;IA et comment pourraient-elles être adressées ?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Je ne donne pas une conférence sans que quelqu&rsquo;un, à un moment, ne me demande : « vous parlez d&rsquo;intelligence artificielle, vous niez donc l&rsquo;intelligence humaine ? » ou « Puisque l&rsquo;I.A. va détruire la planète et nous voler nos emplois…? » (dans cet ordre !) Je trouve stérile l&rsquo;opposition frontale entre intelligence artificielle et humaine. Elle vient le plus souvent d&rsquo;une mauvaise traduction de l&rsquo;« intelligence » britannique, qui n&rsquo;est pas la « smartness » ou le «&nbsp;wit », mais simplement la capacité à classer l&rsquo;information. Et bien sûr d&rsquo;un traitement médiatique qui a tendance à jouer le duel de l&rsquo;homme contre la machine. Lorsque Kasparov affronte Deep Blue, IBM n&rsquo;a pas cherché à remplacer les joueurs d&rsquo;échecs. Ça n&rsquo;aurait aucun sens de remplacer des humains dans un jeu, dans ce qu&rsquo;ils savent et aiment faire. Non, le but pour IBM est de mieux comprendre comment l&rsquo;homme apprend à jouer, à créer des stratégies, à prévoir des coups, pour mieux le simuler sur des machines. La victoire de Deep Blue est un succès humain : ce sont des hommes qui ont réussi à suffisamment bien reproduire les mécanismes de l&rsquo;apprentissage pour battre un Grand Maître aux échecs. Donc les peurs existentielles ne sont pas infondées, et c&rsquo;est aussi la grandeur de l&rsquo;homme de craindre son inutilité dans une création domptée, mais elles viennent surtout d&rsquo;une incompréhension sur le rôle de l&rsquo;I.A.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En revanche, on devrait avoir plus peur des usages, bien humains, qu&rsquo;on fait de l&rsquo;I.A. ! Et en particulier de ses usages dans la curation de contenus sur les réseaux sociaux, qu&rsquo;on laisse, en tant que société, au pouvoir de grandes entreprises de la Silicon Valley qui ont un intérêt économique à retenir leurs utilisateurs sur les plateformes, quitte à valoriser du contenu mensonger, clivant, ou tellement personnalisé qu&rsquo;il nous enferme dans notre propre vision du monde, nous rendant sourds et aveugles à toute opinion étrangère.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment la littérature et les récits culturels contribuent-ils à façonner notre perception de l&rsquo;IA et de ses risques ?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Savez-vous comment Sam Altman, directeur d&rsquo;OpenAI, a annoncé la sortie de GPT-4o ? Il s&rsquo;est contenté d&rsquo;un tweet de trois lettres : HER. Mais le succès de ce film (Her, Spike Jonze, 2013) a été si grand, il pose une question si juste sur l&rsquo;authenticité de la rencontre et du rapport amoureux, que tout le monde savait à quoi Sam Altman faisait référence. Voilà la force des récits : il font tenir en trois petites lettres un univers d&rsquo;angoisses, de questionnements, d&rsquo;espoirs qu&rsquo;on ne saurait formuler autrement que par des histoires et des personnages.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La littérature, en particulier, a beaucoup d&rsquo;avantages : et l&rsquo;un, de taille, c&rsquo;est qu&rsquo;en 350 pages, contrairement à un post Facebook, il y a peu de chances, statistiquement, que vous soyez entièrement d&rsquo;accord avec tout, du début à la fin. Un livre est une pensée qui se développe sur plusieurs centaines de pages, ce qui pousse presqu&rsquo;à tous les coups à réfléchir, à changer de point de vue, à s&rsquo;interroger. Même un plongeur distrait ne peut pas revenir d&rsquo;une telle aventure avec seulement un like. Et c&rsquo;est une aventure exigeante, qui force à créer nos propres images à l&rsquo;heure où on peut en générer de toutes pièces. Un livre est une création, tandis que Chat-GPT ne pourra jamais produire que de la génération de textes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Votre approche dans <em>Fantasia </em>semble éviter de prendre une position claire sur l&rsquo;intelligence artificielle. Est-ce parce que vous avez voulu éviter de transformer l&rsquo;œuvre en un essai d&rsquo;opinion, ou avez-vous plutôt cherché à présenter une vision ouverte et nuancée ? Peut-être êtes-vous vous-même encore indécise sur ce sujet ?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; La vie, pour ou contre ? L&rsquo;amour, c&rsquo;est oui ou c&rsquo;est non ? Il y a des concepts trop vastes et trop mal définis, qu&rsquo;on saisit uniquement par facettes, et sur lesquels il serait absurde de porter un jugement unique et définitif. Je peux juger de l&rsquo;usage que Cambridge Analytica fait de l&rsquo;I.A., et en l&rsquo;occurrence le rejeter très nettement : cette entreprise utilisait l&rsquo;intelligence artificielle pour cibler les personnes les plus à même de s&rsquo;abstenir, et les types d&rsquo;arguments qui les feraient changer d&rsquo;opinion, afin d&rsquo;influer sur les votes du Brexit ou de l&rsquo;élection présidentielle américaine. Je peux aussi m&rsquo;émerveiller de son usage en endoscopie médicale, et des formidables progrès de ces dernières années, qui lui permettent de guider le médecin dans l&rsquo;opération des polypes, au bénéfice de tous. Mais l&rsquo;I.A. en soi, sans précision… je ne peux ni la rejeter en bloc, ni applaudir tous ses effets.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, le format « livre papier » se serait mal prêté à un sujet aussi protéiforme, et en évolution aussi rapide que l&rsquo;I.A. J&rsquo;aurais craint de porter des jugements définitifs sur un ensemble de technologies dont le propre est justement d&rsquo;apprendre sur des bases de données qui évoluent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je dirais que je n&rsquo;ai, en effet, pas une position claire sur l&rsquo;I.A…. J&rsquo;en ai plusieurs !&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Laura Sibony est écrivaine, enseignante à HEC, Sciences Po et à l&rsquo;Université de Strasbourg, et conférencière. Ancienne senior writer au BCG, Lab Coordinator à Google Arts &amp; Culture, elle combine une expérience variée dans les domaines de l&rsquo;écriture, de l&rsquo;enseignement et des cultures numériques, en particulier l&rsquo;intelligence artificielle.</em></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="512" src="https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2024/07/un-thriller-captivant-et-impeccablement-structure-offrant-des-retournements-de-situation-inoubliables.g-4-1024x512.jpg" alt="" class="wp-image-646" srcset="https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2024/07/un-thriller-captivant-et-impeccablement-structure-offrant-des-retournements-de-situation-inoubliables.g-4-1024x512.jpg 1024w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2024/07/un-thriller-captivant-et-impeccablement-structure-offrant-des-retournements-de-situation-inoubliables.g-4-600x300.jpg 600w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2024/07/un-thriller-captivant-et-impeccablement-structure-offrant-des-retournements-de-situation-inoubliables.g-4-768x384.jpg 768w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2024/07/un-thriller-captivant-et-impeccablement-structure-offrant-des-retournements-de-situation-inoubliables.g-4-1536x768.jpg 1536w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2024/07/un-thriller-captivant-et-impeccablement-structure-offrant-des-retournements-de-situation-inoubliables.g-4.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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		<title>Par les Traces des Rêves d’Enfance avec Anne-Gaëlle Huon</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anna]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Jul 2024 13:40:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Interviews]]></category>
		<category><![CDATA[Nouveaux Livres]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;auteure française de best-sellers revient avec son nouveau roman, <em>Le Rossignol</em> ( publié par les éditions Albin Michel</strong> )<strong>. Poétique et émouvant, ce récit délicat révèle une plume où chaque mot est soigneusement choisi. Inspirée par les Chanteurs d’oiseaux et la Baie de Somme, Anne-Gaëlle Huon narre une histoire d&rsquo;amitié et de rivalité dans une nature mystique. À l&rsquo;occasion de cette sortie, <em>CaféLitté</em> a rencontré l&rsquo;auteure.</strong></p>



<figure class="wp-block-video"><video height="720" style="aspect-ratio: 1280 / 720;" width="1280" controls src="https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2024/07/Anne-Gaelle-Huon-1-2.mp4"></video></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Anne-Gaëlle, pourriez-vous nous présenter votre dernier roman et nous expliquer pourquoi vous avez choisi les Chanteurs d&rsquo;oiseaux et la Baie de Somme comme décor extraordinaire pour cette histoire ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le Rossignol</em> est avant tout une histoire d&rsquo;amitié profonde entre deux petits garçons, une amitié indéfectible où ils se promettent de rester liés quoi qu&rsquo;il arrive, une véritable promesse d&rsquo;enfance. Cette histoire, qui me hantait depuis longtemps, se déroule dans la Baie de Somme, en Picardie, une volière à ciel ouvert. Je cherchais un cadre pour cette histoire qui habitait déjà mes pensées depuis un certain temps, et j&rsquo;ai été inspirée par un spectacle à Paris où deux hommes imitaient des oiseaux. Ces hommes m&rsquo;ont rappelé les deux petits garçons qui habitaient déjà mes pensées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;ai donc décidé de visiter la Baie de Somme pour voir comment cela pourrait s&rsquo;intégrer. La baie est un paysage éphémère, constamment remodelé par la mer qui recouvre chaque jour le sable et les lieux. Ce territoire éphémère faisait écho à celui de l&rsquo;enfance, et je voulais vraiment aborder ce thème dans ce livre, ainsi que les promesses que l&rsquo;on se fait et parfois que l&rsquo;on ne parvient pas à tenir.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">L’enfance est faite de promesses qu’on passe une vie à trahir. <br><strong><em>Le Rossignol</em> </strong></p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, ces deux petits garçons se retrouvent trente ans plus tard, et le roman explore le mystère de ce qui a pu se passer entre eux. Comment ces deux adultes qu&rsquo;ils sont devenus parviendront-ils à rester fidèles aux enfants qu&rsquo;ils étaient ? C&rsquo;est le véritable sujet du roman.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le Rossignol</em> explore les promesses de l&rsquo;enfance et la manière dont nous restons fidèles à nos rêves, ainsi que les défis auxquels font face ceux qui peinent à trouver leur place dans ce monde.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Anne-Gaëlle Huon : Nouveau Livre &quot; Le Rossignol &quot;" width="1020" height="574" src="https://www.youtube.com/embed/NZBCjHcQ5HU?start=15&#038;feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment décririez-vous votre style d&rsquo;écriture ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je conçois mes romans comme je souhaiterais les lire moi-même. Étant une lectrice impatiente, j&rsquo;apprécie un rythme rapide, une approche qui reflète notre époque où beaucoup regardent des séries et vont souvent au cinéma. En tant que scénariste, je construis mes récits avec des chapitres courts, une tension constante, des mystères et des révélations progressifs. C&rsquo;est ce dynamisme narratif qui, comme dans une série captivante, maintient l&rsquo;intérêt du lecteur tout au long du livre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quel auteur ou quelle œuvre a inspiré votre plume pour le <em>Rossignol</em> ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un livre a profondément influencé mon écriture pour <em>Le Rossignol. </em>Il s&rsquo;agit <em>Des diables et des saints</em> de Jean-Baptiste Andréa. Ce roman m&rsquo;a émue par sa construction narrative et la sensibilité de son écriture. L’histoire, racontée à la première personne par un vieux monsieur jouant du piano dans une gare, explore avec poésie et émotion l’amitié et l’enfance, malgré les moments dramatiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que j&rsquo;admire particulièrement chez Jean-Baptiste Andréa, c&rsquo;est sa plume poétique et fluide qui transmet des images touchantes sans en faire trop. En tant que scénariste, j&rsquo;apprécie également son talent pour construire des histoires structurées et captivantes, comme un film qui vous emporte à chaque chapitre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour moi, Jean-Baptiste Andréa représente l&rsquo;un des meilleurs auteurs de notre époque. En écrivant <em>Le Rossignol</em>, ce livre a été un guide rassurant, et j&rsquo;ai rendu hommage à son influence en citant une partition musicale en exergue, à l&rsquo;instar de ce qu&rsquo;il a fait avec Beethoven dans <em>Des diables et des saints.</em></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="332" src="https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2024/07/1d8820_c2357811d587490d9ab76db955bf230amv2-1024x332.webp" alt="" class="wp-image-227" srcset="https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2024/07/1d8820_c2357811d587490d9ab76db955bf230amv2-1024x332.webp 1024w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2024/07/1d8820_c2357811d587490d9ab76db955bf230amv2-600x194.webp 600w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2024/07/1d8820_c2357811d587490d9ab76db955bf230amv2-768x249.webp 768w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2024/07/1d8820_c2357811d587490d9ab76db955bf230amv2-1536x497.webp 1536w, https://cafelitte.fr/wp-content/uploads/2024/07/1d8820_c2357811d587490d9ab76db955bf230amv2.webp 1899w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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