À Paris, NANNA, une péniche dédiée à la littérature ouvrira au pied de Notre-Dame

Au pied de Notre-Dame de Paris, une péniche encore en chantier laisse déjà entrevoir une promesse rare : celle d’un lieu où la littérature flottera au rythme de la Seine. CaféLitté a été accueilli à bord de NANNA, futur espace culturel imaginé par Artflux, pour une visite en avant-première aux côtés d’Hugo Buton, chargé de programmation littéraire. Lieu de rencontres dédié aux livres — entre lancements, ateliers, lectures et formats participatifs —, cette péniche qui ouvrira fin mai 2026 ambitionne de redonner à la littérature un espace collectif, libre et incarné.

Au moment de la visite, la péniche est encore en chantier. Bois apparent, volumes en cours d’aménagement : difficile d’imaginer, à ce stade, l’effervescence à venir. C’est dans ce décor en construction qu’Hugo Buton, chargé de programmation littéraire, déroule la vision du projet.

Derrière NANNA, on retrouve Artflux, un groupe qui développe depuis plusieurs années des péniches culturelles à Paris avec une ambition claire : rendre l’art accessible au plus grand nombre. Chaque lieu est pensé autour d’une discipline. Sur la Seine, Quai de la Photo se consacre à la photographie, tandis que Fluctuart explore l’art urbain. Le Son de la Terre fait la part belle au jazz et aux musiques du monde, quand Le Marcounet s’impose comme un lieu hybride, entre concerts et vie nocturne.

Avec NANNA, Artflux investit pour la première fois le champ littéraire. Amarrée face à Notre-Dame de Paris, la péniche se veut à la fois un lieu de rendez-vous et d’expérimentation : lancements de livres, rencontres, ateliers d’écriture, lectures ou encore brunchs rythmeront la programmation. Les soirées prolongeront ces temps dans une atmosphère plus libre, où auteurs et lecteurs pourront se retrouver autrement.

Hugo Buton, chargé de programmation littéraire de NANNA. © CaféLitté, 2026. Tous droits réservés.

Dans cet espace encore en construction, Hugo Buton précise la double identité du lieu : « NANNA, c’est une péniche littéraire, mais aussi un lieu convivial. Littéraire d’abord, parce qu’on propose une programmation tout au long de l’année, avec des formats variés : des book clubs, des speed dating littéraires, des ateliers d’écriture mais aussi des temps dédiés aux enfants, notamment le mercredi après-midi, avec des ateliers pour les sensibiliser à la littérature », explique-t-il. La péniche pourra accueillir jusqu’à 180 personnes. Une terrasse viendra également prolonger l’espace sur les quais. À bord, une collection permanente d’environ 5 000 ouvrages accompagnera le lieu toute l’année. Accessibles librement, ces livres pourront être feuilletés ou consultés sur place, dans l’idée de faire circuler la littérature sans contrainte. Interrogé sur les critères de sélection, Hugo évoque une ligne éditoriale en cours de construction : « On a envie de mettre en avant le patrimoine littéraire, aussi bien français qu’étranger, avec une place importante accordée aux classiques, à la poésie et à la philosophie. On est encore en train de constituer la collection, donc elle va aussi évoluer au fur et à mesure », précise-t-il.

« C’est aussi un lieu festif où l’on peut venir boire un verre, prendre un café, passer un moment », souligne Hugo . « L’idée, c’est vraiment de créer un espace où l’on se sent bien, un lieu de vie autour des livres. » Cette dimension conviviale s’étendra également en soirée. Il y aura aussi des DJ sets et des événements réguliers. L’été, la péniche restera ouverte jusqu’à 2 heures du matin ».

Le projet bénéficie par ailleurs du marrainage de Claire Berest, autrice notamment de Rien n’est noir.

J’ai accepté d’accompagner NANNA parce que ce lieu propose une manière vivante et ouverte d’habiter la littérature. Il ne s’agit pas seulement d’y parler de livres, mais de créer des rencontres, des circulations, des moments où les textes résonnent avec les vies. J’aimerais y faire exister des voix singulières, inviter des auteurs que j’aime, et contribuer à installer une atmosphère où la littérature reste libre, incarnée et partagée.

Claire BEREST

© NANNA / Artflux

Un lieu ancré dans un paysage littéraire 

Interrogé sur l’expérience qu’il souhaite proposer aux visiteurs lorsqu’ils monteront à bord, Hugo insiste d’abord sur une idée simple : le désir de revenir. « L’idée, c’est déjà que les gens s’y sentent bien, qu’ils aient envie de revenir », confie-t-il. Pour lui, l’environnement du lieu joue un rôle central. « On est dans un cadre assez exceptionnel, au pied de Notre-Dame de Paris. On a vraiment envie que les visiteurs profitent de cette vue, mais aussi de tout ce qu’elle évoque. Difficile, ici, de ne pas penser à Victor Hugo et à Notre-Dame de Paris, qui ont durablement façonné l’imaginaire du lieu. »

La péniche s’inscrit ainsi, selon lui, dans un territoire chargé d’histoire littéraire. « C’est un quartier profondément littéraire. Quand on lit L’Éducation sentimentale, Thérèse Raquin, ou même les textes de Jean-Paul Sartre ou André Gide, on retrouve ces rues, ces ambiances. À quelques pas, la présence de Shakespeare and Company prolonge encore cet ancrage. Il y a toute une histoire littéraire autour de la péniche. L’idée, c’est que les visiteurs puissent la ressentir, tout en passant simplement un moment sur place. »

© NANNA / Artflux

Nanna, c’est L’Autre Dame

Un détail, pourtant, continue de susciter des interprétations : son nom.

La référence au roman Nana – neuvième volume de la série Les Rougon-Macquart -peut venir à l’esprit. Mais ici, une lettre suffit à déplacer le sens. « J’aime bien dire que les gens l’interprètent comme ils veulent », Hugo revendique cette part de flottement. Derrière ce nom se dessine pourtant une présence.

« Nanna, c’est un personnage fictif que le groupe a créé. Dans notre communication, on parle à la première personne, comme si c’était elle qui s’adressait directement aux gens. On l’appelle parfois Nanna Desprès, mais sans jamais vraiment la définir. » Un flou assumé, qui ouvre le champ des possibles. « Il y a plein de références. On a appris récemment que “nanna” pouvait désigner la sieste en italien. C’est aussi une figure de la mythologie scandinave, associée à la joie et à l’amour. Les gens peuvent y projeter ce qu’ils veulent. »

Elle s’appelle Nanna. Certains l’appellent Nanna Desprès. Mais personne ne sait vraiment. On ne sait pas d’où elle vient, mais depuis le printemps 2026, elle est installée à Paris. Sur la Seine. Au pied de Notre-Dame.

Elle, c’est L’Autre Dame. Nanna, c’est un mystère. Une présence suggérée, une silhouette entre les lignes. Ce lieu qu’elle habite – ou hante – est une péniche littéraire et festive. Un repaire pour les esprits libres, les lecteurs agités et les passeurs de mots. On y vient pour écouter, écrire, débattre, signer, trinquer, danser, recommencer.

© NANNA / Artflux

Dates et ouverture

Côté calendrier,  le premier événement littéraire est prévu le 19 mai. La soirée d’inauguration aura lieu le 10 juin 2026. Elle se déroulera en deux temps : une première partie réservée aux acteurs du monde littéraire et aux partenaires du projet, autour d’une performance dont les contours restent encore confidentiels, puis une seconde partie ouverte au public.

À partir de 20h ou 20h30, la péniche accueillera ainsi ses premiers visiteurs pour une soirée festive, rythmée notamment par un DJ set.

Une ouverture attendue pour un lieu qui entend faire circuler la littérature autrement, au cœur de Paris. Pour plus de détails et suivre les prochaines dates, rendez-vous sur le site de NANNA.

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